LE VRAI JUGE
c( qu'il lui serait soumis un exposé clair et précis de l'opinion des deux membres accusés du consistoire de Gothenbourg au sujet des principes émis par l'assesseur Swedenborg. Le précis devait être fait avec toute régularité, après avoir recueilli tous les renseignements possibles dans les ouvrages de Swedenborg lui-même.»
Jamais prince n'avait donné un ordre plus étrange. Faire un précis, un court exposé d'une vingtaine de volumes! N'est-ce pas là une singulière mission, auprès de laquelle l'invitation faite trente ans plus tard à Charles de Yillers par un futur roi de Suède [le prince de Ponte-Corvo] , de résumer sur un seul feuillet la philosophie de Kant, peut paraître une cJaose toute simple?
Jamais non plus un travail tout doctrinal n'avait été prescrit à un corps ecclésiastique avec de plus étranges prétentions; car Frédéric-Adolphe annonçait celle de faire juger cette doctrine par un corps politique.
Mais qui devait faire ce précis?
Le docteur Beyer, après avoir bien réfléchi sur la rédaction, les embarras et le péril d'un tel écrit jugé par une majorité hostile, rédigea et signa, le 14 février 1770, une déclaration qui nous reste. Très-bien faite, modeste de ton, ferme de sentiment, cette pièce est aussi savante de fond qu'habile de forme.
Pour Beyer, l'autorité suprême de la foi est la Parole divine d'abord, la loi et la règle de l'Église ensuite.
11 espère que le roi accueillera favorablement cette déclaration ; mais il lui rappelle aussi respectueusement qu'il est possible, que ce n'est pas lui, que c'est un autre qui est le vrai juge en matière de foi. « Notre-