‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 220 sur 269 · LA FOLIE · texte numérisé non relu

LA FOLIE

péché contre lui; ciue vous étudierez diligemment sa sainte parole, qui témoigne, du commencement à la fin, de la vérité des doctrines que j'ai transmises au monde. » (Lettre du docteur Chastanier, du 9 mai 1790; Docwnents, p. 178.)

Cette scène, qui a dii avoir sa beauté morale, réfuie d'elle-même la fable d'ailleurs, mal imaginée d'une rétractation que le célèbre Voyant aurait faite peu de temps avant de mourir. On ne sait qui eut l'idée première d'une telle invention; mais on connaît l'auteur de celle plus condamnable d'une aliénation d'esprit qui aurait précédé de peu de jours la mort de Swedenborg. C'est au ministre suédois Mathésius, qui mourut aliéné lui-même, qu'on rapporte la naissance d'un bruit aussi indigne, mais dont l'origine et la propagation se conçoivent d'autant plus aisément que, dans toutes les langues de l'Europe, le mot de fou s'applique avec une extrême frivolité à tout état un peu hors ligne^ à toute espèce d'enthousiasme un peu vif, même sans exaltation réelle. A plus forte raison cette épithète a-t-elle pu être et a-t-elle été prodiguée à un extatique tel que Swedenborg. Quant au ministre Mathésius, Swedenborg, dont le père avait eu l'intendance des ÉgUses suédoises en Angleterre, le connaissait depuis longtemps : il lui avait donné un exemplaire de ses Arcanes célestes. Mais jamais Mathésius n'avait voulu en prendre connaissance, ce qui semble indiquer qu'il en jugeait l'auteur avec beaucoup de sévérité ou de prévention. Ajoutons qu'il se bornait d'ailleurs à l'appeler a lunatic^ et qu'un homme de haute piété, l'illustre John ^Yesley, ce chef si respectable des méthodistes.

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