LES LETTRES DE NOBLESSE
à l'illustre guerrier. Les preuves de dévouement et les titres de la famille Swedberg méritaient une distinction flatteuse, et elle lui conféra des lettres de noblesse, avec le nom plus aristocratique de Swedenborg, que portait d'ailleurs la partie la plus fortunée de cette famille. Ce fut en 1719. On a souvent donné à Swedenborg les titres de baron ou de comte qu'il n'eut jamais, pas plus que Saint- Martin n'eut celui de marquis qu'il porte dans les biographies étrangères ; mais en vertu de son diplôme il fut membre de l'ordre équestre et il prit part en cette qualité aux travaux de la diète qui se réunissait tous les trois ans. 11 remplit ces obligations aussi scrupuleusement que toutes les autres. Elles avaient leur importance pour le maintien d'un juste équilibre entre les deux éléments du pouvoir. En effet, les conseillers du royaume rétablis par les diètes de 1719 et 1720, forts du mouvement qui les portait et jaloux de leurs droits souvent contestés, régnaient plutôt qu'ils ne gouvernaient conjointement avec la reine. L'autorité souveraine affaiblie par ce partage périssait dans la Suède agitée , n'était la sage intervention des diètes en faveur du maintien d'un prestige nécessaire à la couronne.
Ceux qui prennent le savant ingénieur pour un mystique perdu dans les espaces célestes, le prennent naturellement aussi et sans examen pour un de ces littérateurs décorés de titres officiels sans conséquence qui se prodiguent dans quelques pays du Nord et le déclarent à priori un de ces politiques de cour qui reçoivent le mot d'ordre du gouvernement avant d'émettre leur avis ou d'offrir leur conseil. Et il est très-vrai que Swedenborg fut toujours plein de déférence pour la reine