LES CINQ MAXIMES
qui l'avait fait membre du premier corps de l'État par diplôme. Mais si l'émiuent métallurgiste fut homme de cour par son cœur, par ses goûts, par son éducation ; s'il rechercha parfois le cercle de la reine, qui était fort instruite et qui le voyait avec plaisir; s'il se disait aussi volontiers qu'un autre, dans ce langage si respectueux et si grave du Nord qui tire si peu à conséquence, le très-humble sujet de Sa Majesté, sa politique pourtant ne se subordonna qu'à sa morale, qui toujours domina tout chez lui, même la religion. Sa rehgion ne fut peut-être, dans cette seconde phase de sa vie, la phase scientifique, que la religion naturelle sous des formes évangéliques; mais sa conscience scrupuleuse la pratiqua avec une absolue déUcatesse. Or je ne veux pas dire que la religion la meilleure soit celle qui s'inspire d'une conscience pure, mais je dirai bien que sans celle-ci, la meilleure des religions, si elle se concevait, ne serait que le masque le plus propre à tromper tout le monde, celui qui le porterait, le tout premier.
La morale de Swedenborg, qui est aussi sa politique, a été résumée par lui-même, à l'instar de la morale provisoire de Descartes, en un petit nombre de règles qui n'ont pas plus de portée scientifique que celles du célèbre penseur imité par tant de philosophes. En effet, ce sont également des lieux communs qu'il ne valait pas la peine de mettre en formules solennelles et de transcrire aussi souvent qu'il l'a fait, mais elles ont le mérite de peindre leur auteur. Les voici.
i . Lire et méditer souvent la parole de Dieu ;