Avoir toujours la conscience nette
5. Piemplir fidèlement les obligations publiques et les devoirs de sa charge, et se rendre en tout utile à la société.
Aucune de ces règles ne rappelle celles de Descartes , qui se proposait, en fait de religion, de garder celle où Dieu Tavait fait naître; en fait de politique, d'obéir aux lois de son pays, et en fait de conduite générale, de s'attacher aux opinions de ceux qui passaient pour les plus honnêtes gens. Mais, naïveté pour naïveté, — car celle du Suédois qui veut bien se soumettre aux volontés de la divine providence vaut celle du Français qui veut bien se soumettre aux lois de son pays, — la troisième des règles de Swedenborg eût peut-être arraché un léger sourire à Descartes, comme celle de Descartes, de consulter pour la conduite à tenir les plus sensés d'entre les honnêtes gens, eût fait sourire Swedenborg.
Les cinq règles de Swedenborg ne ressemblent pas non plus à celles du théosophe Saint-Martin (voy. notre Vie de Saint-Martin^ p. 401), dont l'esprit épigrammatique eut assurément trouvé la seconde étrange et la première inutile. Et avec raison, car l'homme sérieux ne peut pas plus avoir l'idée de négliger l'étude de la parole de Dieu, s'il croit qu'il y en a une, que celle de soustraire sa volonté au gouvernement de la divine providence, s'il en admet un.
Mais, je l'ai dit, dans ces règles de l'enfant de Suède on trouve réellement ce qui caractérise le mieux sa vie : ces études des textes sacrés qui l'ont conduit à de rares lumières ; cette constante vigilance sur son âme qui lui a donné réellement, avec une conscience nette, une