‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 238 sur 269 · LI-: RATION ALl.S.ME · texte numérisé non relu

LI-: RATION ALl.S.ME

par ceux de France et d'Allemagne ; mais la science sérieusetrouvaitque ce christianisme raisonnable^ cette religion sans mystère, sans dogme, sans culte et sans miracles, comme on aimait à dire, n'était plus le chrisnisme, faisait \iolence à TÉvangile tout en le proclamant sublime, et ruinait dans leurs principes la foi et les institutions enseignées dans les textes sacrés loyalement lus et qui avaient donné la civilisation, la gloire et la grandeur aux nations les plus illustres de la terre. Or si l'on accordait forcément aux CoUins , aux Tindal et à leurs élèves la liberté de prendre dans ces textes, ici ce qui leur allait, et d'en rejeter ailleurs ce qui ne leur convenait pas , c'est que tels étaient les droits de tout libre penseur ou de tout adversaire du christianisme; mais on était fort surpris de voir aboutir au même résultat un homme extraordinairemcnt illuminé pour en découvrir le sens spirituel.

Le rationalisme n'est pas encore le système le plus funeste qu'on ait reproché au célèbre minéralogiste : on l'accusa [de matériahsme. Son Dieu, qui lui apparaît à Londres, est un auguste personnage vêtu de pourpre et rappelle trop saint Augustin apparaissant à madame Guyon pour n'être pas suspect, disait-on. Et sans hésiter il met dans ses cieux tout ce qu'il trouve sur la terre. Cela est très-matériel. En effet, loin d'y être trop dépaysé, en les parcourant sur ses pas, on sent à chaque instant qu'on ne l'est point assez. Quand nos artistes donnent à Dieu le Père et aux anges la forme humaine, c'est qu'ils n'en ont pas d'autre à leur donner et qu'ils n'ont pas la prétention d'être de bien grands métaphysiciens; d'ailleurs nul ne s'y trompe, vu qu'ils

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