‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 239 sur 269 · LE MONDE · texte numérisé non relu

LE MONDE

n'ont pas la présomption de rien apprendre à personne ; mais Swedenborg fait sérieusement de Dieu un homme qui, s'il ne boit et ne mange pas lui-même, veille au moins à ce que ses élus ne mangent et ne boivent pas trop.

Son monde spirituel tout entier, le monde des anges et des esprits, est fait à l'image de Thomm^e. D'abord il n'admet pas un seul ange ni un seul esprit qui n'ait été homme. Ensuite tout habitant de son ciel et de son enfer, anges et esprits, mangent et boivent, marchent et dorment comme nous. Les cieux qu'ils habitent présentent des montagnes et des plaines, des forêts et des villes, des palais et des maisons, des champs et des vignes, des moissons et des fruits, des animaux et des m.eubles, des métaux et des pierres précieuses comme la terre. Les travaux et les affaires, les emplois et les dignités, les écritures etles livres, sontles mêmes encore que les nôtres. C'est tout simple, au premier abord : notre monde étant l'image de l'autre, la ressemblance des deux paraît forcée. Toutefois, qu'on ne se trompe pas sur la véritable pensée de Swedenborg. Suivant lui, tout est ici de substance terrestre, là tout est de substance céleste, spirituelle; et si les objets semblent les mêmes dans l'autre monde que dans celui-ci, ils y sont cependant toujours relatifs à l'état intérieur des anges et des esprits. D'ailleurs si les anges, pris ensemble, sont appelés le ciel, parce qu'ils le constituent, il y a toutefois dans le ciel des variétés infinies.

En effet, il se distingue en deux royaumes, en trois cieux et en d'innombrables sociétés.

Les deux royaumes se nomment le céleste et le spi-

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