DE POLITIQUE
extraordinaire sérénité d'esprit ; cette application constante à ce qu'il appelle la décence qui a rendu son commerce agréable à tout le monde; ce sérieux dévouement à ses devoirs publics qui lui a inspiré d'immenses travaux pour son pays; j'ajoute, et qui lui a dicté sa démission dès qu'il s'est cru investi d'une autre mission à laquelle il devait toutes ses forces et tout son temps.
Sa conduite politique n'était que sa conduite morale sous d'autres formes. Il prenait aux travaux des diètes assemblées tous les trois ans la part la plus active. Un homme d'État qui avait été premier ministre de Suède pendant plusieurs années, le comte de Hœpken, lui rendit, dans une lettre adressée au général Tuxen, ce témoignage, qu'à la diète si importante de 1761, ses mémoires sur les finances étaient les plus solides et les mieux écrits ; que dans l'un de ces rapports il réfutait en moins d'une feuille d'impression un volume in-4°, en citant tous les textes combattus. C'est là un éloge complet, caries finances de la Suède se trouvaient dans l'état le plus déplorable, à la suite de ces guerres insensées, de ces glorieuses folies auxquelles s'étaient livrés Charles XI et Charles XII, et sur lesquelles le silence des peuples ne fut pas une leçon assez éloquente pour les rois.
Les principes de poKtique spéculative de Swedenborg sont aussi purs que ceux de sa politique pratique. Il n'en est pas de plus avancés. C'est la politique moderne élevée à son entière pureté. En voici les graves formules.
L'ordre établi par les lois de l'univers physique n'a pas d'autre raison que sa consei'vation. Il en est ainsi