LE PROGRÈS
théosophe , et excitait le zèle des adeptes, à Londres comme à Moscou, comme ailleurs.
Nous venons de signaler en Angleterre et en Suède des associations formées en 1783 et en 1786. Dès l'an 1779, on en fondait en Pologne et en Russie. Celle de Moscou, composée de membres de la meilleure noblesse et présidée par le grand veneur de la couronne , le baron de Schroeder, traduisit les écrits de Swedenborg •en langue russe. L'argent lui manquait si peu qu'elle envoya cent livres sterling à Chastanier pour l'impression à Londres de quelques œuvres du maître. On voulut y publier surtout ce qui était inédit : V Appendice de la Vraie Religion (1780, in-4") ; la Clef hiéroglyphique des Arcanes naturels et spirituels par voie de représentations et de correspondances (1784, in-4°); Y Apocalypse expliquée selon le sens spirituel, avec révélation de choses cachées jusqu'ici (Londres, 1785-89, 4 vol. in-4°), et V Explication du sens interne des livres prophétiques de r Ancien Testament et des Psaumes (Londres, 1784, in-4").
La société de Moscou était secondée dans ses travaux et ses sacrifices par celle de la nouvelle capitale de l'empire russe, où les personnages les plus considérables de la cour applaudissaient au mouvement que ces écrits produisaient dans les esprits. Quand même on n'en partageait pas les doctrines , on les croyait du moins utiles au progrès de la pensée religieuse.
Chastanier, plein d'admiration pour son illustre ami, publia à la Haye, en 1786, son Tableau raisonné de la doctrine céleste, qui se répandit à Paris, à Yersailles, à Piouenet à Strasbourg, où se trouvaient des disciples