LES MOINES DE FRANCE
diguent aux pauvres que belles paroles et bénédictions, tandis qu'ils veulent tout recevoir d'eux (du peuple) gratuitement. A quoi sont bons les moines de Saint- François, les Déchaussés?... Les autres {Reliqui, ceux qui ne sont pas Franciscains, ou ceux qui ne sont pas moines?) maigres, lestes et déliés, aiment mieux aller à pied qu'à cheval ou en voiture; ils sont bienveillants et jouissent d'un esprit prompt et gai. »
Ces jugements, au point de vue de la vérité absolue, ne valent peut-être pas plus que celui que Swedenborg porte sur Paris, quand il nous apprend que l'habitude du plaisir ou la sensualité y paraît portée au plus haut degré où elle puisse l'être; on sait ce que valent ces impressions de voyage ; mais il faut les citer, moins pour caractériser les moines et les Parisiens, que le point de vue et les préoccupations de leur juge. Nous connaissons les religieux mieux que Swedendorg. Quant à lui , qui les avait vus l'année 1710 sans étonnement, il est en 1736 si étourdi du rôle que le monachisme joue encore en France à cette époque, qu'il énumère longuement les 15,000 couvents, les 400,000 religieux qui y possèdent 9,000 palais ou maisons, elles .567 abbesses, auxquelles il joint 13,000 prieures (supérieures).
Toutefois il ne revient pas sur ce sujet, quoiqu'il passe dix-neuf mois à Paris. Arrivé le 3 septembre 1736 il n'en partit que le 12 mars 1738. Il y visita dans l'intervalle beaucoup d'éghses, vit figurer dans la société beaucoup de prêtres, et prit pas mal de renseignements sur l'état de la France, mais, son premier feu jeté, il s'interdit toute critique itérative.
Celle qui ne porte que sur la forme des choses, la