‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 45 sur 269 · SO LA CHAIRE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

SO LA CHAIRE FRANÇAISE

manière de prêcher, par exemple, dont il n'a pas encore parlé , il se l'accorde et largement. C'est tout simple. L'homme d\i Nord a sur l'éloquence sacrée une opinion fort différente de celle de l'homme du Midi; et cette éloquence qui est un peu la maîtresse en France, Swedenborg a l'air de la goûter, comme la goûtait ScheUing qui me dit un jour : « Ne la cherchez pas chez nous. » 11 trouve V action de nos orateurs trop vive : le geste, les éclats de voix et les jeux de physionomie l'effarouchent. c( Je fus , dit-il , à l'égUse des Théatins , auprès du pont Royal et à TégUse des Augustins, auprès des Tuileries, où Guillaume, prédicateur du roi, prêchait à la façon d'un acteur sur la scène, même avec beaucoup plus d'art {lonrje artificiosius). »

Sur le fond même de ces discours , soit dogme et morale, soit politique, des critiques éclairées eussent offert un grand intérêt à ceux qui se rappellent que c'est dans la parole sacrée que se réfugie la liberté lorsqu'on ne la lui accorde dans aucune autre; mais Swedenborg, qui admirait à Dresde le culte catholique, ne veut pas même aborder cette question en France. Il n'y touche pas davantage dans ses notes sur l'Italie. Il visita le nord et les villes un peu considérables de ce pays. Il se rendit à Venise en compagnie de cinq carmes. Il s'y plut beaucoup et y resta quatre mois. Il habita deux fois Florence. Il passa six mois à Piome. Il parLe de tout d'une manière intéressante. Mais il ne fait plus aucune de ces observations critiques que la ville de Roye eut seule le privilège d'arracher à sa plume de philosophe.

D'autre part ce voyage est noté sur son carnet sans qu'il revienne sur le but qu'il avait indiqué, en demau-

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