LE THÉÂTRE
dant au roi un congé de quatre ans. Son ouvrage, il ne le perd pas de vue, nous le verrons tout à l'heure, mais il a cela de commun avec Saint-Martin, qu'il ne parle pas de ses écrits d'avance : il les compose et les publie.
11 paraît toutefois qu'un voyage en France et en Italie a des distractions que n'ont pas d'autres. Swedenborg, se laissant aller au plaisir de voir et de vivre, ne finit pas son travail, mais sa dernière note l'excuse. Il a été poëte dans son premier voyage. Il l'est encore un peu dans celui-ci. Arrivé parLivourne à Gènes, le 17 mars 1739, il y met sur ce voyage ces mots pittoresques : « Je fus dans un jardin ravissant, où tout florissait en mi-mars; les oranges et les citrons mûrissaient; on cueillait les olives : Pomone s'y montrait avec la moisson. » Au milieu de ces enchantements un enfant du Nord s'oublie.
J'ai dit tout à l'heure que les notes de Swedenborg sur ce voyage , où il passa en Italie une année tout entière, indiquent une modification dans ses tendances et dans ses habitudes ; je dois ajouter qu'elles en attestent une dans les mœurs du voyageur.
Elles sont pour le moins aussi curieuses au point de vue moral qu'au point de vue politique.
En effet, Swedenborg continue à fréquenter les théâtres, quand l'occasion s'en présente. Il compare, au sujet de celui de Yérone, l'opéra français à l'opéra italien, et dit bien carrément que, sous le rapport du chant et de la danse, la scène itaUenne est préférable à la scène française, qui n'offre en comparaison de la première que des sornettes et des facéties.
Je ne sais pas si cela était bien exact et si la supériorité de la scène italienne sur la nôtre, en 1737, était