‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 47 sur 269 · UN ATTACHEMENT · texte numérisé non relu

UN ATTACHEMENT

aussi considérable ; mais si Swedenborg se trompe , si son jugement sur les deux scènes ne s'applique qu'au libretto et n'est pas un jugement bien sûr, il atteste au moins tout l'intérêt que le juge , en Yue de ses études sur l'homme, portail alors à des arts aussi frivoles.

Je crois même que ce n'est pas la visite faite à la France ou à l'Italie qui a modifié le goût du savant voyageur.

En effet, le choix qu'il fait de ces contrées quand il sent le besoin de se déplacer et les premières observations qu'il jette sur le papier en arrivant dans ces pays, prouvent que déjà le dix-huitième siècle a passé par sa pensée.

Au milieu de toutes les distractions que pouvaient lui offrir la France et l'Itahe, le plus sincère des hommes nous apprend lui-même que ces distractions furent plus vives et d'une nature plus intime , en ItaUe au moins, que ne le laisse entrevoir son journal. Car, toujours luimême et chaste jusque dans l'aveu de ses fautes , il ne les étale ni avec le faste philosophique de Rousseau, ni avec le luxe poétique de Gœthe. Il ne dévoile les siennes, du moins la plus étonnante de toutes, que sous le manteau de la cheminée, qu'à l'ami discret qui l'interroge.

En effet, parvenu à l'âge où Rousseau s'attachait vivement à madame d'Houdetot, et Saint-Martin avec une exaltation mystique à madame de Bœklin, Swedenborg connut un instant « dans la nouvelle Babylone » (ce n'est pas Paris, c'est Rome) ces affections qu'il devait décrire un jour avec tant d'abandon, mais transfigurées en amour conjugal dans ses tableaux de la Nouvelle Jérusalem. Son ami le général Tuxen, dont nous aurons à citer de plus curieuses communications, nous

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