EN ITALIE
apprend à ce sujet que, dans la célèbre entrevue d'Helsingoer, Swedenborg, que le général craignait de n'avoir pas honoré suffisamment en l'invitant avec quelques dames, lui dit : u J'ai toujours eu du penchant pour la société des dames. » Le général nous dit dans sa lettre : « Cet aveu m'autorisa à lui demander en plaisantant, s'il avait jamais été marié ou s'il avait eu quelque envie de se marier. Il me répondit que non, mais ajouta que, dans sa jeunesse, il avait été sur le point de se marier, le roi Charles XII ayant recommandé au célèbre Polhammer de donner sa fille à Swedenborg. — Sur ma demande , quel obstacle y était intervenu , il répondit : Elle ne voulut pas de moi, ayant déjà donné sa parole à un autre qu'elle préférait. — Je lui demandai alors très-vivement pardon sur ce qu'il pouvait y avoir eu d'indiscret dans mes questions. — Demandez tout ce que vous voudrez, répliqua-t-il , je répondrai à tout conformément à la vérité. »
(( Je lui demandai donc si, dans sa jeunesse^ il avait pu demeurer inaccessible à toutes les tentations de la part de l'autre sexe? — Pas tout à fait, dit-il. Dans ma jeunesse j'ai eu une maîtresse. »
Si ces derniers mots devaient choquer des préoccupations trop enthousiastes de la perpétuelle virginité de Swedenborg, ils pourraient, avec ime douce violence, se traduire dilFéremment , et par ces autres : «J'avais une personne aimée en ItaUe. »
Mais cette traduction ne serait réellement qu'une trahison. On parle de tentations subies, et Swedenborg, toujours vrai, s'empresse de répondre qu'il n'en a pas su se préserver entièrement. Il s'agit donc, non pas