LES FAITS
y soit préparé en apparence par aucun signe précurseur, aucune confidence de sa part, nous changerons moins de méthode que jamais. Les faits seuls auront crédit et importance pour nous; leur interprétation reste pour chacun un droit absolu. Nous ajouterons qu'au moment même où tout ce que Swedenborg dira et écrira, tout ce qu'il pensera et aimera, offrira une série de choses extraordinaires, nous ferons comme Swedenborg lui-même, qui en appelle sans cesse à la raison et raille les visionnaires. En continuant à référer dans notre récit, comme s'il s'agissait des choses du monde les plus admissibles , nous ne cesserons ni d'apprécier à notre point de vue, comme c'est notre droit, ni de comprendre qu'à notre droit répond celui de tout le monde, d'interpréter chacun à son goût.
Nous exposerons donc les faits qui nous sont indiqués par Swedenborg, ses historiens ou ses correspondants, de quelque nature qu'ils soient, en toute leur pureté et leur authenticité, au point de vue de ceux qui les rapportent. Si nous les éclairons autant qu'il peut dépendre de nous, c'est pour mettre le lecteur à môme de s'en rendre le compte le plus net qu'il pourra, sans la moindre prétention de notre part de les justifier, de les rendre plausibles, ou de les condamner; sans celle aussi de les faire servir à une théorie quelconque, présente ou passée.
Est-ce là trop abdiquer le rôle de philosophe? Est-ce renoncer à l'espoir de faire jaillir de ce foyer si vaste, de cet immense océan de feu , du sein duquel émergeront tant de phénomènes nouveaux, inouïs et merveilleux de tout point, aucun rayon de lumière propre à pro-