LA VISION
c( J'avais grand faim et je mangeais avec un vif appétit. Sur la fin de mon'repas je vis une sorte de brouillard se répandre sur mes yeux et le plancher de ma chambre se couvrir de hideux reptiles. )^
On ht dans les Actes des apôtres : i< Or Pierre monta sur la maison pour prier, environ vers la sixième heure. Et il arriva qu'ayant faim, il voulut prendre son repas. Mais pendant que ceux de la maison lui apprêtaient à manger, il lui survint un ravissement d'esprit. Il vit le ciel ouvert et une espèce de vase descendant sur lui... et dans lequel il y avait toutes sortes d'animaux terrestres... des reptiles et des oiseaux du ciel. Et une voix lui fut adressée disant : Pierre, lève-toi, tue etmange... Et cela fut répété jusqu'à trois fois. »
L'analogie entre les deux visions est frappante ; mais revenons à celle de S^vedenborg et les différences seront également sensibles.
c( J'en fus d'autant plus saisi que l'obscurité s'épaissit davantage. Toutefois elle s'évanouit bientôt et je vis distinctement un homme assis dans un des angles de l'appartement au sein d'une vive et radieuse lumière. Les reptiles avaient disparu avec les ténèbres. J'étais seul, et vous pouvez vous figurer l'effroi qui me prit quand je l'entendis (l'homme), d'un ton bien propre à inspirer la frayeur, prononcer ces mots : Xe manrjepas tant. A ces mots ma vue s'obscurcit de nouveau. Elle se rétablit toutefois peu à peu et je me vis seul dans ma chambre. Un peu consterné encore de tout ce que j'avais vu, je me rendis chez moi (dans son logement en ville), en toute hâte, sans dire un mot à qui que ce fût de ce qui m'était arrivé. Là je me livrai à mes réflexions;