‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 59 sur 269 · LA MISSION · texte numérisé non relu

LA MISSION

mais je ne compris, ni comment cela pourrait avoir été l'effet du hasard, ni comment cela aurait été l'effetd'une cause naturelle quelconque. » (Tafel, Recueil de documents concernant la vie et le caractère d'Emm. Swedenborg, rendus fidèlement d'après les sources, t. I, p. 87 et suiv.)

A première vue c'est là une apparition bien solennelle pour une leçon de sobriété. Et c'est trop de la majesté divine pour un tel objet. En général il y a beaucoup trop de symboles et de trop étranges phénomènes pour aboutir à un conseil aussi simple donné à un homme sans doute affamé ce jour-là, mais dont la tempérance habituelle était exemplaire. On comprend le symbohsme un peu riche de la vision de saint Pierre : Il s'agissait de donner d'une manière frappante une grande leçon pour amener, sur une mission sacrée, une résolution énergique. Rien de tout cela dans l'apostrophe si pompeusement amenée : Ne mange jms tant.

Mais si cela choque à première vue, ce qui suit est bien propre à modifier cette impression. Laissons donc Swedenborg continuer. « La nuit suivante l'homme rayonnant de lumière m'apparut une seconde fois et me dit : (( Je suis Dieu, le Seigneur, le Créateur et le Rédempteur; je t'ai élu pour interpréter aux hommes le sens intérieur et spirituel des saintes Écritures ; je te dicterai ce que tu devras écrire. » Yoilà le complément qui donne le sens à l'apostrophe : une grande mission et un moyen non moins grand pour la bien rempKr, une dictée divine. Il ne s'agit pas d'une simple assistance, par exemple, d'une simple inspiration d'en haut, pas même d'une simple révélation. Une révélation pou-

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rait s'altérer et devenir fausse, douteuse au moins, par la faute du rédacteur; une dictée n'aura pas cette destinée.

Mais n'est-ce pas là un privilège étrange?

Les textes sacrés eux-mêmes n'ont pas été dictés aux écrivains de l'Ancien et du Nouveau Testament; ils ne sont que le produit de l'inspiration ou de la révélation.

A ce compte, ceux qui seraient dictés au nouveau prophète pour interpréter les premiers, devenus obscurs ou restés imparfaits, jouiraient donc sur les anciens d'une véritable supériorité?

Est-ce là ce que veut nous dire Swedenborg? Yeut-il faire croire que les prophètes de l'ancienne alliance et les apôtres de la nouvelle n'ont été que ses précurseurs?

Ce qui est certain, c'est que les vérités des nouveaux textes rédigés par l'interprète seront supérieures à celles des anciens : sinon, à quoi bon une dictée divine pour expliquer le sens spirituel de ceux-ci?

On voit là toute la portée de l'élection et de la mission de Swedenborg.

Elle ne l'effraya pas plus que cette seconde apparition où elle lui fut donnée. Écoutons la suile du récit :

(( Cette fois je ne fus pas effrayé du tout, et la lumière dont il (l'homme) était entouré, quoique très-vive et très-éclatante, ne fit aucune impression douloureuse sur mes yeux. Il était vêtu de pourpre et la vision dura environ un quart d'heure. »

C'est une durée hors de proportion avec les paroles prononcées. Avait-elle pour motif la nécessité de convaincre Swedenborg de sa réalité?

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