‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 62 sur 269 · L HALLUCINATION · texte numérisé non relu

L HALLUCINATION

mène ; rien de plus extraordinaire ; rien qui prête plus à de brillantes déductions.

Mais s'il est un état d'hallucination qui se concilie avec la vie de l'homme de génie , comme le montre si bien M. Lélut, dans a le démon de Socrate » et dans c( l'amulette de Pascal, » il n'en résulte pas que le génie soit la folie ou la foUe le génie : le savant physiologiste de la pensée que nous venons de citer proteste contre ce blasphème avec la double autorité du philosophe et du médecin. .

En effet, qui est-ce qui se rend bien compte d'une hallucination qui dure sans interruption de l'âge de cinquante-huit ans à celui de quatre-vingt-cinq ans ! Et d'un état d'hallucination qui n'inspire, qui ne dit et n'écrit que les choses les mieux calculées, les plus propres au but qu'elle a conçu, qu'elle poursuit sans relâche, qu'elle a présent à sa pensée à toutes les heures du jour! D'une hallucination qui se meut avec la même aisance dans les cercles de la cour et aux assemblées politiques de l'empire, discute avec netteté les questions de métaphysique et celles de finances, critique avec précision l'état de l'enthousiaste et ceux du visionnaire, du fanatique, du sectaire et du rêveur dupe de ses propres fantômes ! On sait que le démon de Socrate, s'il fut créé par un état d'hallucination, n'a rien ôté à la lucidité de pensée de ce philosophe, et qu'au contraire il lui a donné l'autorité et la persévérance nécessaires au réformateur de la morale et de la politique d'Athènes. Mais nous ne comparons pas Swedenborg à Socrate, pas plus que Socrate à Jésus-Christ : ces comparaisons d'hommes appartenant à des religions si opposées et à

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