LA CRISE
dire le résumé des conséquences morales et le prélude des spéculations religieuses auxquelles aboutirent toutes ses études de science. Et rien n'est ni plus \rai, ni plus conforme à ce que nous avons dit. Car Swedenborg est un, et les trois phases qu'on distingue dans sa vie ne sont que trois degrés d'un seul et même développement. L'élément religieux qui a prévalu dans l'enfance et qui a paru disparaître d'abord sous l'élément littéraire, puis sous l'élément scientifique, est resté à ce point vital et actif qu'il s'est au contraire assimilé les deux autres, et a fini par s'en approprier toutes les forces vives. Il est sorti triomphant de la lutte dans laquelle il avait paru succomber. La crise s'est faite et la victoire s'est décidée surtout au sein de ces études physiologiques auxquelles Swedenborg venait de se livrer d'une manière si ample et si approfondie pour sa grosse question, les rapports du corps et de l'âme. C'est en sondant les mystères de l'âme, science dont il avait besoin pour expliquer Uhomme, comme il avait besoin de celle de Dieu pour expliquer le monde, qu'il a été amené ou ramené tout entier dans le monde spirituel.
Si bien que rien ne s'explique mieux que cette grande et dernière phase de sa vie ; rien ne sort mieux de la seconde que la troisième. Si bien encore que, la vision qui en marque le début , loin d'être une cause, est réellement un effet. Elle est l'effet ou le premier phénomène extraordinaire que produit au dehors la métamorphose interne qui vient de s'accomplir.
D'ordinaire, cette vision tombe des nues, sur la tète d'un homme qui s'occupe de minéralogie et d'auatomie; et Dieu, véritable Deus ex machina^ vient don-