LE MOT DE LA CRISE
lier, à la stupéfaction de son prophète lui-même, une mission à qui ne s'occupe pas de lui. Mais rien de plus inexact. L'ouvrage Du Culte de Dieu est là pour protester. Un mot sur ce traité.
L'amour de Dieu est le grand objet de tous les mystiques, comme.de tous les chrétiens. On sait à quelles ardeurs, à quelles effusions de sensibihté et même à quelles excentricités poétiques les premiers se livrent dans tous les siècles et dans toutes les religions, quand ils traitent ce sujet.
Le travail de Swedenborg, essentiellement didactique, ne ressemble en rien aux œuvres des mystiques et n'a rien de leur manière. Il ne se distingue ni par une grande profondeur, ni par une grande nouveauté dans les idées, mais il est curieux pour le biographe en ce qu'il offre le seul document qui expUque les jours de transition ou de préparation à la nouvelle phase dans laquelle va entrer son auteur. C'est d'une part le fruit ou le résumé moral de la phase scientifique, c'est d'autre part le début ou l'aurore de la phase religieuse qui se fait jour dans son âme. On y reconnaît d'ailleurs avec plaisir le génie de l'homme de science ; et il nous faut y signaler une belle anticipation sur le nombre des planètes. Swedenborg y dit nettement qu'il faut en compter sept outre les lunes. J'ai dit, dans la Vie de Saint- Martin, combien la foi d'un ami de ce théosophe fut dérangée de l'accroissement du nombre de ces étoiles errantes. Sw^edenborg est loin d'être embarrassé de ce qui , en fait de planètes, dépasse le nombre sacré. S'il est croyant, il l'est en vrai savant.
Un fait qu'on • n'a pas assez remarqué proteste tout