LES VISIONS
à Ramillies et à Hochstett, et dont j'ai parié suffisamment dans la Vie de Claude de Saint-Martin.
Telle est, dans cette époque illustrée par les plus magnifiques créations du génie , époque des Malebranche , des Bossuet et des Leibnitz, la richesse des phénomènes extraordinaires dans le développement moral et religieux des peuples, qu'il y a véritable luxe, luxe d'idées, luxe de style. Je n'ai cité ni tous les grands faits, ni exposé les choses les plus étranges, ni produit aucun des textes dont le langage eût été de nature à blesser le goût de notre siècle si différent de celui qui l'a précédé. Mais j'ai indiqué à qui veut les consulter les sources les plus propres à montrer que Swedenborg n'est, en dernière analyse, que la plus grande personnification des éléments théosophiques de son temps.
Est-ce à dire qu'il fut un habile copiste ou une sorte de compilateur en matière de visions et d'extases?
Loin de là. Ce qui est de lui est à lui : ce sont ses écrits, où il ne copie personne; c'est sa doctrine, où il est maître. Son inépuisable fécondité d'idées, la rare profondeur, l'étendue et la lucidité de son esprit, la splendide pureté de son âme, me mettent fort à mon aise quant à la question que j'ai posée.
Je rappellerai, d'ailleurs, un fait que j'ai mis en son jour dans un autre travail : c'est que notre compatriote si inconnu et si remarquable, né en 1743 et vivant encore en 1829, l'abbé Fournie, nous apprend lui-même qu'il a eu des apparitions, qu'il en a eu de très-notables, de très-claires, de très-précises, de sublimes même, « avant qu'on parlât des visions de Swedenborg. » En effet, comme tous ceux qui en ont à nous conter, l'abbé