‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 77 sur 269 · LA VRAIE PIÉTÉ · texte numérisé non relu

LA VRAIE PIÉTÉ

nité en a toujours produit de semblables, et si l'action de Dieu en est moins absente que d'autres, c'est qu'elle est plus forte où il y a une pensée plus digne de la subir.

En général, de ces dictées promises solennellement dans la célèbre apparition , il est peu question dans la suite, et sauf les visions et les perceptions à distance, le véritable état de Swedenborg, à partir de 1745, ressemble à celui de tous les théosophes contempoi'ains.

Dans tout ce qui est de science humaine , il n'y a pour lui rien de changé ; sa philosophie reste la même : c'est en psychologie celle de Descartes. Il ne connaît de facultés essentielles à l'âme que l'intelhgence faite pour le vrai et la volonté faite pour le bien; seulement il ajoute que ceux qui sont dans le faux et dans le mauvais n'ont ni intelligence ni volonté. A la place de celle-ci, ils ont des appétits; à la place de l'inteUigence ou de la raison, ils ont la simple connaissance. Sa morale est d'une grande pureté. Le devoir essentiel , c'est l'amour actif du prochain ou le dévouement. Mais les obhgations envers le prochain sont en raison de sa nature plus ou moins pure et bonne. Le prochain par excellence est le Pur et le Bon parfait. Dieu. La rehgion se rattache étroitement à cette morale ; elle est essentiellement active aussi. La vie spirituelle n'est pas dans des dehors de recueillement ou des exercices de sainteté ; elle n'est ni dans de stériles contemplations, ni dans de vains renoncements. L'ascétisme ne vaut pas plus que le mysticisme. La sainteté intérieure qui se reflète dans l'extérieur et une sincère abdication à l'égard de ce qu'on appelle les choses du monde; une vie active et dévouée dans le monde : voilà la vraie piété.

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