CHAPITRE X
Swedenborg au service de sa mission, — Son voyage d'Angleterre en 17 47. — Entrevue avec le général Tuxen, — Lettre du général. — Les trois années de transition. — Le journal spirituel. — Les soixante voyages dans les planètes. — Les personnages visités. — Les arcanes célestes. — Le système allégorique. — L'illumination. — Les visions,
Swedenborg, homme d'une seule pièce, remplit son rôle de Voyant, si c'est le mot, comme il avait rempli jusque-là ses fonctions d'assessem^, méditant, étudiant, voyageant sur la terre presque autant que dans les cieux, écrivant sans cesse ni repos. 11 débuta sur-le-champ dans sa nouvelle carrière de Voyant, notant a\ec une attention scrupuleuse, non pas tout ce qu'il voyait, cela était impossible, vu la multitude, mais ce qui lui offrait le plus d'attrait. Il décrivit ce qu'il avait entendu, dogmatisa d'après ce qui lui était dit et le publia, soit à Londres, soit à Amsterdam, toujours développant les mêmes germes, mûrissant et complétant les mêmes idées, les appuyant toutes sur les textes et la raison encore plus que sur ce qu'il voyait ou entendait. De Uvres profanes, il n'en consulta plus aucun, n'ayant pas même le temps de tou-
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jours lire les lettres qu'on lui adressait, encore moins celui d'y répondre comme on le souhaitait. Puisant presque tout en sa pensée, même son interprétation si ingénieuse, si abondante et si volumineuse des saintes Écritures, il lui arriva, au bout de vingt-sept ans de travail, d'avoir mis au monde le plus ample des systèmes de métaphysique religieuse qui se trouve dans la Httérature du monde chrétien .
C'est au mois d'avril 1745 qu'il avait reçu sa mission. Dès le mois d'août il quitta Londres pour s'en retourner en Suède, et se mettre immédiatement, en sa qualité de futur interprète, à étudier la Bible. Il apprit l'hébreu tout en continuant de rempHr avec soin , pendant près de deux années encore, ses devoirs d'assesseur du conseil des mines, toutefois sans s'y asservir.
Il avait pris l'habitude de voyager et il la conserva. Les services qu'il avait rendus lui faisaient accorder facilement les congés nécessaires. Revenu à Stockholm en 1745, il se rembarqua pour Londres dès 1747.
Un document bien précieux, que nous citerons plus d'une fois encore, une lettre du général danois Tuxen, nous donne, à l'occasion de ce voyage, de curieux détails sur son illustre ami.
(( Com.me je demeurais à Helsingoer (sur le Sund, en regard d'Helsinborg, en Scanie), écrit le général, j'appris sur son compte plusieurs autres choses , par exemple, que dans ses voyages de Stockholm à Londres et à Amsterdam, il passait souvent le Sund, et qu'il avait répondu au maître de son hôtel, à renseigne de Charles XII, qui lui avait demandé comment ce prince allait dans l'autre monde. Qu'il gardait dans le monde