UN TRÉPASSÉ
des esprits la même manière de penser et de se condiiiro qu'il avait eue dans celui-ci. »
c( De même j'appris cette anecdote, que je tiens d'un ami très-honorable qui en fut témoin oculaire : Cet ami fut invité, avec d'autres employés des douanes, à un dîner que le consul de Suède, M. Kryger, donna à Swedenborg avec plusieurs personnages du rang le plus distingué de la ville, qui désiraient voir et entretenir le célèbre voyageur. Quand tout le monde fut placé à table, personne d'entre les invités n'osant prendre la liberté d'adresser la parole à Swedenborg, qui gardait aussi le silence, le consul pensa qu'il lui convenait de rompre ce silence. Il prit occasion de la mort du roi de Danemark, Christian YI, décédé l'année précédente, pour lui demander, puisqu'il voyait les trépassés et leur parlait^ s'il avait vu ce prince depuis sa mort. Il répondit qu'oui, et ajouta qu'à la première entrevue le prince était avec un évêque ou un autre prélat, qui lui demandait humblement pardon des nombreuses erreurs où ses conseils avaient jeté le défunt. »
c( Or, un des fils de ce prélat se trouvait par hasard à table, etle consul, de peur qu'on n'ajoutât sur le compte du père des choses encore plus pénibles pour le fils, interrompit Swedenborg en disant : Monsieur, voilà son fils. — Cela peut être, répliqua Swedenborg, mais ce que je dis est vrai. »
Nous voyons là deux circonstances a signaler. D'abord, dix-huit mois après sa fameuse vision, Swedenborg passait déjà pour voir habituellement les esprits; l'aubergiste et le général lui en demandèrent des nouvelles. Ensuite Swedenborg ne se pressait pas de parler,