NE MANGE PAS TANT
ne se mettait pas en avant; mais, sollicité, il ne se refusait à aucune question, et se prononçait sans la moindre hésitation, se laissant interroger avec une rare et sereine condescendance par tout le monde.
Quant à l'objet spécial de ce voyage, je ne vois pas de publication qui aurait pu le motiver. Cependant Swedenborg ne se déplaçait pas sans un motif de ce genre.
Un de ses apologistes modernes, M. Tafel, qui est, je crois , un des docteurs si ce n'est un des chefs de la nouvelle Jérusalem, fait sur l'emploi des années de 1743 à 1749 cette observation ingénieuse. « Dieu, en apparaissant à Swedenborg pour lui dire : A'e manrje pas tant^ a voulu lui donner autre chose qu'une leçon de tempérance. Il avait besoin de s'abstenir de bien des choses. La preuve est dans les écrits qu'il publia de 1745 à 1748, où il se rencontre, à côté de beaucoup de pépites d'or, quantité de levain de la vieille Église dont il devait se débarrasser, témoin les Adversaria publiés après sa mort, et contenant des idées qui ne se voient plus dans les écrits de 1749 à 1771. » Swedenborg, se ravisant à Londres, aurait-il renoncé à quelque projet de publication qui l'y aurait conduit?
Il y eut dans tous les cas une crise sérieuse, car il prit sur son emploi une résolution grave cette année même.
Dès qu'il fut revenu de Londres, pour n'avoir plus à se partager entre deux ordres de travaux si divers et qui demandaient chacun, dans la conscience de Swedenborg, tout son temps et toutes ses facultés, il se démit de ses fonctions pubhques, en 1747. Il garda sou traitement à titre de pension, refusant, par un sentiment de modestie, un titre supérieur au sien et que le