ENTRETIENS AVEC LES DÉFUNTS
Notre terre occupe également une place considérable dans le Diarium.
L'auteur nous apprend, de plus, le sort qui est échu à ceux de ses amis ou parents qui sont morts avant lui et qu'il a visités après leur mort, ainsi que la condition où se trouvaient un grand nombre de personnages illustres avec lesquels il a été mis en rapport. Ce sont des papes, des rois, des empereurs, des cardinaux, des princes, des saints ou des saintes, des philosophes, des orateurs, des ambassadeurs, des ministres, des gentilshommes et des savants de tous les pays '.
Les entretiens qu'il eut avec eux jettent du jour sur leur vie et piquent la curiosité.
Pour ce qui est des soixante explorations faites dans les astres, elles seraient accueiUies bien difîéremment , si notre Voyant, au lieu de se borner aux sept planètes qu'alors connaissait chaque écolier, il avait visité les soixante qui existaient en réaUté, ou seulement prévu la découverte prochaine de la moitié de ce nombre.
On l'a chicané sur ce silence; c'est à tort. Jamais la révélation elle-même n'a révélé l'existence d'un fait de physique ou de cosmologie, son objet étant autre. Il n'est donc pas étonnant que Swedenborg, en sa qualité de simple interprète de la révélation , n'ait pas été mis à même d'anticiper sur la marche naturelle des études astronomiques. Toutefois chacun sent quel cachet d'autorité, pour ne pas dire d'authenticité, des anticipations de cette nature eussent imprimé aux récits de ses voyages dans le ciel.
1 Voir, sur ces enlreliens, noire chapitre xvi.
LES ARCANES. Hl
Ce qu'il a vu et entendu en ces explorations uniques dans rhistoire de l'humanité, il commence dès l'année suivante à le livrer au public dans ses Arcanes.
Ce livre prouve-t-il que l'auteur a bien observé? Ses amis l'estiment beaucoup.
Au jugement d'un des plus savants d'entre eux, du docteur Beyer, il approfondit, de 1745 à 1749, les choses spirituelles, comme jusque-là il avait fait pour les choses naturelles , et si les premiers écrits qu'il pubha dans ces années, à titre de fruit de ses nouvelles études, portent encore l'empreinte d'une certaine faiblesse , il n'en est pas ainsi des Arcanes , ouvrage d'un maître formé.
Les Aixanes , ou Mystères des deux , présentent un travail de longue haleine. La première partie en parut à Londres en 1749, en latin et in-4°. Les sept autres se succédèrent les années suivantes; la dernière est de 1756. On y remarque un progrès sensible sur les premières parties, qui appartiennent un peu, quoi qu'on dise, à cette époque de transition qu'on appelle les années de préparation^ tandis que les dernières, toutes celles qui sont postérieures à l'année 1749, offrent des idées plus précises et plus mures. Mais il faut considérer néanmoins que, dès J749, l'auteur avait bien conçu le plan de l'ensemble, et qu'il persévère absolument, pendant les sept années que dure sa pubhcation , dans ce système d'exégèse allégorique, que dès lors tous les savants avaient quitté et qu'aucun n'a plus adopté depuis.
Aussi les Arca7ies célestes marquent un grand pas dans cette phase où Swedenborg se meut et vit désormais, vie de visions, de révélations, d'entretiens avec les esprits, cette \ie d'un intime commerce avec