LE JOURNAL
sens spirituel des textes sacrés doit amener une nouvelle doctrine d'abord, une nouvelle Eglise ensuite. L'une doit désormais être seule professée, et l'autre, la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, est la seule Eglise de l'avenir : selon les divines promesses, elle doit descendre sur la terre et être la demeure unique du Seigneur parmi les hommes.
Il est certain que tel a été le dessein de Swedenborg, et tel a été le résultat de ses publications sur le jugement dernier.
Ce grand fait et l'élaboration, la conception définitive du plan de sa sainte cité, le préoccupaient depuis plusieurs années. D'après son Journal spirituel et d'après les Arcanes^ il avait assisté à un jugement dernier dès l'an 1749. Toute son œuvre spirituelle, toute sa réforme dogmatique réposaient d'ailleurs sur ces idées fondamentales : la doctrine de l'Eglise actuelle^ enchaînée au sens littéral , est \icieuse ; elle doit céder à une autre. L'Eglise, qui s'était constituée sur un système d'erreurs, doit elle-même tomber avec lui et faire place à une autre. Le jour de son jugement est venu : elle a été frappée de mort.
Pour compléter sa pensée, Swedenborg, qui paraît n'avoir pas quitté Londres pendant toute l'année 1758, y publia encore deux autres traités : l'un intitulé, de la Nouvelle Jérusalem et de sa céleste doctrine; l'autre, du Cheval blanc dont parle le chapitre xix de l'Apocalypse.
J'ai déjà fait connaître le premier de ces traités,* ses principes de morale et ses principes de poH tique. J'ai dit aussi ce qu'il enseigne sur le sens intérieur de