CATÉCHISÉ
termes , qiii montrent sur quoi portaient les doutes du prélat :
« Je puis affirmer, par les choses les plus saintes, que le Seigneur s'est manifesté à moi, et qu'il m'a envoyé pour faire ce que je fuis ; qu'il a ouvert l'intérieur de mon intelligence, qui est mon (véritable î ) esprit, afin que je voie les choses du monde spirituel, et que j'entende ceuxqui s'y trouvent. Et cela (a lieu) depuis vingtdeux ans. Pour que cela soit cru, il n'est plus besoin désormais de s'en rapporter à une affirmation ; quiconque a de l'intelligence peut s'en assurer parla lecture de mes écrits, et surtout de l' Apocalypse révélée. Voii;i nits témoins. Qui a su, avant cela, quelque chose (de positif) sur le sens spirituel de la parole sainte? Qui, du monde spirituel? Qui, du ciel et de l'enfer, de la vie après k mort ? Ces choses et plusieurs autres seront-elles toujours cachées aux hommes? Si elles sont dévoilées maintenant quelque part, c'est dans le sein de la nouvelle Église, qui est la nouvelle Jérusalem. Ceux qui en sont les savent; les autres les sauront (un jour); maïs tant qu'ils ne croiront pas, ils ne les sauront pas. Ces ouvrages se vendent à Londres , etc.
« Portez-vous bien et soyez bienveillant pour votre dévoué E. Swedenborg. »
Écrite àun prélat, cette lettre [du 23 septembre] était un peu magistrale; elle était surtout un peu sèche pour un traducteur et un ami. Oetinger n'en fut ni ému ni décontenancé ; il répliqua immédiatement et demanda au Voyant quelles étaient les preuves qu'il pouvait fournir de sa mission?
int PRÉLAT
A-t-ÏI S citer des signes certains, des miracles ? S'il a vu des esprits et des anges , des philosophes et des orateurs, a-l-il vu aussi les apôtres?
Ce qui intéressait avant tout le pieux prélat, c'étaient précisément ces hérosinspirés du christianisme primitif, ces vaillants soldats que le Christ avait chargés d'aller enseigner toutes les nations de la terre.
11 exprime aussi , ce qui étonne de la part d'un théosop/te, car il l'est lui-même, sa surprise de ce que ce soit un philosophe tel que Swedenborg et non pas un ecclésiastique qui ait été choisi pour une mission aussi religieuse ; et il a la faiblesse de lui marquer ce qu'if a personnellement souffert dans son pays pour avoir trapuit l'ouvrage du Ciel et de l'Enfer.
En ce qui concerne les visions de son savant ami de Stockholm, le prélat de Murhart les prend , très-volontiers, pour ce qu'il voudrait sincèrement qu'elles fussent, pour des faits réels. Car, dans ce cas, ce seraient des expériences à renouveler et à constater, il l'interroge donc à ce sujet comme s'il avait mu: fui (.'litière au Voyant. Il déclare du moins ;es i:.i:p<:ri<:n<y:s imites et émanées, par l'ordre du Seigneur, d'une influence d'intelligences célestes. Hais il a cette arrière-pensée que, si son correspondant ne peut pas le convertir à ses doctrines, il pourra du moins l'instruire par ses explorations. 11 l'invite même avec quelque malice à prier le Seigneur, qui lui est apparu , de pouvoir parler avec saint Jean lui-même, afin d'apprendre directement de ce grand apôtre s'il accepte les explications de l'Apocalypse données par Swedenborg. 11 ajoute enfin avec une apparente mais piquante naïveté : Demandez hardiment