LE KOI ET LA LOI
du monde moral et du monde politique qui n'en font qu'un : l'espèco humaine périrait sans l'ordre qui les règle. Pour maintenir lus luis dans leur puissance, il faut des autorités; pour contenir les autorités dans les bornes du droit et de la raison, il faut des lois. Dans les monarchies, le chef des autorités est le roi ; mais comme il ne saurait toul gouverner lui-même, chacun des magistrats secondaire est. chargé de régir ce que le prince ne peut pas faire en personne. C'est cet ensemble de fonctionnaires qui constitue le gouvernement ou h royauté, dit-il, dont le roi n'est que le chef.
La royauté n'est pas dans la personne ; elle n'est qu'attribuée ii la personne par la loi. K.-t peu sage le roi qui s'imagine que le royal est en sa personne, et peu sage le fonctionnairi.' qui s'imagine ipie la dignité de son office est en sa personne.
La royauté consiste en ceci, que le roi gouverne le royaume d'après les lois et rende justice en leur nom. 1 !st .-âge le roi qui met les lois au-dessus de lui ; n'est pas sage celui qui se met nu- dessus d'elles. Le premier, celui qui met le royal dans ïa loi, se laisse gouverner par la loi, sachant qu'elle est la justice et que toute vr;u:! justice vient de Dieu et tient de lui. Celui qui se met au-dessus des lois cherche ic royal en lui-même et se croit la loi, ou croit la justice venue de lui : il s'arroge le divin au lieu de s'y subordonner.
La loi, qui est la justice, doit être faite, non pas par le roi, mais par des législateurs, jurisconsultes sages et pieux, et le roi doit s'y conformer comme les sujets.
Est seul vrai roi celui qui donne l'exemple de la soumission à la loi.