LA DÉFENSE
tions, qui engagent le débat. Il n'est donc pas étonnant que le doyen ait pris ce ton un peu emphatique dont nous venons de donner un échantillon , et qu'il ait prodigué à la nouvelle doctrine des mots durs, tels que perverse, impie et damnable, tout en disant qu'il ne connaissait pas par lui-même le système religieux de Swedenborg.
Mais ne doit-on pas être bien assuré d'avance que le gentilhomme appelé à se défendre ne répondra pas sur le même ton ? Hélas! dans sa réponse du 15 avril suivant, il fut homme; il parla comme un théologien. « Le mémoire de M. le doyen, dit-il, no contient que des injures, et même, ça et là, des mensonges. Il est écrit par un homme qui ne sait pas retenir sa langue et qui n'a pas d'yeux pour voir devant lui. »
Et ce ne sont pas encore ses plus gros mots, carvoici la suite : « I! y a de ^effronterie et de. l'impudeur à qualifier d'hérétique une doctrine qui enseigne et confirme la divine trinité. »
À la fin vient même le vocabulaire le plus exceptionnel, j'allais dire le plus énergique d'entre les impossibles : « L'épithéte de socininnne renferme une calomnie, un exécrable mensonge et un blasphème, une insulte diabolique, ji
L'évoque do Gothenbourg, le docteur Lamberg, qui présidait le consistoire, était absent ; il assistait à la diète de Norkopiug. Swedenborg lui fit remettre cette réponse à Ekebom par le docteur lieyer, qui, ami plus hardi, en eût fait disparaître ces vivacités de langage, mais qui manqua de ce courage de résistance à l'amitié qui est le plus rare de tous.