COMMUNION
homic, témoin lu mot qu'il dit quand on le pressa de faire poursuivre deux fripons qui lui avaient dérobe sa montre dans une de eus visites uu'il acceptait trop facilement : Laisses faire ces braves gens, ils sont plus à plaindre que moi.
D'ailleurs les hostilités dont il était l'objet ne l'atteignaient pas. Il ignorait les sots bruits ; il ne lisait pus ce qu'on écrivait contre lui. Écriront sans cesse luimême, il ne lisait pas même tout ce qu'on lui écrivait. Aussi la paix de son ame ne fut-elle jamais troublée par ces attaques, pas plus dans ses derniers jours que dans les précédents.
Sï vives que fussent ses agressions contre les erreurs qu'il tenait à combattre, et contre les Églises que la sienne devait remplacer, il ne haïssait personne. Et, pour être juste, il faut mettre un peu sur le compte du latin ce qui, dans ses luttes, semble trop dépasser la mesure applicable à un écrivain qui se possède. En son cœur il y avait si peu d'antipathie pour celte même Église de Suède que ses in-quarto latins frappaient avec tant d'énergie, qu'aux approches de sa fin et dès le début de sa maladie, il voulut recevoir de ses mains, la dernière communion, comme la donne l'Église épiacopule de son pays. Dès le 24 décembre 1771 , il avait demandé la communion des mains d'un ministre de cette Église ; il la reçut de nouveau dans ses derniers jours. On voit par là en quel sens adouci il faut prendre ses gros mots de jugement dernier et de condamnation prononcée contre elle. En effet il n'y a dans sa démarche dernière ni calcul, ni crainte, il ne risquait aucun refus de sépulture, il n'y a pas non plus d'in-
TJANS L'ÉGLISE.
fluence de famille. Sans doute les deux évéques ses neveux furent heureux d'apprendre , après sa mort ; l'acte qu'il avait fait; mais ils n'y étaient pour rien. Aucun des siens n'assista à ses moments suprêmes. Dans ces graves circonstances, les dignes hôtes qui le logeaient, un honnête barbier et sa servante, plus tard sa femme, qui l'aimaient d'une respectueuse tendresse, tinrent lieu de famille à ce noble étranger qui leur donnait l'exemple de toutes les vertus, du travail, de la sobriété et de la douceur envers tout le monde, et qui se montrait d'autant plus reconnaissant des services qu'on lui rendait qu'il s'exprimait plus difficilement dans la langue anglaise.
Cette difficulté peut surprendre de la part d'un homme aussi doué, aussi studieux, qui aimait tant le séjour de Londres, qui y était venu si jeune et revenu sans cesse. Mais le fait est articulé formellement, et il s'explique : c'est qu'outre les langues sacrées, qu'il lui fallait savoir pour V in lerp relation des saiules Écritures, Swedenborg ne se souciait plus d'en apprendre d'autres depuis qu'il échangeait si facilement ses idées avec les anges et les esprits.
Swedenborg s'cst-il donné lui-mCme un démenti en demandant à mourir dans non ancienne Eglise? y est-il rentré et l'a-t-it réhabilitée aux yeux des siens? Par cet acte a-t-il renié son œuvre?
Dans sa pensée, non ; et dans sa prudence, il a su faire les choses avec une rare fidélité à ses convictions.
Mourir dans la religieuse Angleterre sans les sacrements d'une Église et sans l'intervention d'un ministre de la religion, c'était chose scandaleuse, donc impos-