IA VIE
Aux détails donnés par les KO tes de Swedenborg ou sera bien aise de joindre ceux qu'a notés , du Ion le plus simple et avec uu rare abandon de langage, un de sss meilleurs amis , Robsam ou Robsahm.
« La maison de Swedenborg, avec le jardin qui en dépendait, formait un carre dont la longueur était environ d'un jet de pierre. Son appartement proprement dit était assez exigu, sans aucune recherche, suffisant pour lui ; mais il n'aurait paru commode à aucun autre. Quoiqu'il fût très-savant, on ne voyait point d'autres livres dans sa chambre que la Bible, bébrelque et grecque, et les registres [écrits de sa propre main sur ses travaux] au moyeu desquels il s'épargnait, pour les citations, la peine de recourir à tout ce qu'il avait déjà écrit ou imprimé.
« Swedenborg travaillait la nuit comme le jour; il ■ n'avait point d'heure déterminée pour le travail et pour le repos. — « Lorsque je me sens disposé au sommeil, disait-il, je me mets au lit. » — Il n'exigeait point d'autre service de sa vieille servante, la femme du jardinier, que de faire son lit, et de tenir pleine d'eau une grande cruche placée dans son antichambre. Il avait à sa disposition les moyens de préparer lui-même son café dans la cheminée de son cabinet; il le sucrait beaucoup, et en prenait jour et nuit abondamment. Lorsqu'il mangeait chez lui , c'est-à-dire lorsqu'il n'était point invité en ville, son dîner se composait uniquement de semoule bouillie dans du lait. II ne buvait ni vin ni boissons fermentees, et il ne soupait point. En société il mangeait comme les autres, et prenait part aussi, quoique avec modération, « à la coupe de la
galté. »Pour recevoir les personnes que lft curiosité surtout engageait à venir le visiter, il fit construire en 1767 ud joli pavillon d'été avec deux ailes. Dans une de ces ailes on voyait son ancienne bibliothèque, bien fournie et disposée avec ordre; dans l'autre étaient rangés les instruments du jardinage.
« Depuis l'automne, et pendant tout l'hiver jusqu'au printemps, il y avait toujours du feu dans sa chambre d'étude; il on avait constamment besoin pour préparer lui-même son café (qu'il prenait sans lait ni crème), et aussi parce qu'il n'avait pas d'heure déterminée pour le sommeil.
« Dans sa chambre à coucher, au contraire, il n'y avait jamais de feu; aussi avait-il habituellement sur son lit, suivant la rigueur de l'hiver, jusqu'à trois ou quatre épaisses couvertures anglaises. Je me rappelle cependant un hiver tellement rigoureux qu'il fut obligé de faire placer son lit dans son cabinet d'étude.
« Des qu'il se réveillait, il se rendait dans cette chambre; là, avec les charbons ardents, toujours laissés en réserve, et avec du bois sec, il ravivait aussitôt le feu ; puis il se mettait à écrire.
« Dans son salon se trouvait la table de marbre qu'il donna [depuis] au Collège des mines. Cette pièce était propre et très-convenablement meublée.
« Je m'adressai un jour au curé de notre paroisse, vjeillai'd très- respecté , pour lui demander ce qu'on devait penser des visions de Swedenborg et de ses interprétations bibliques. Ce digne homme me répondit avec douceur : « C'est à Dieu qu'il appartient d'en juger ! Quant à moi, je ne puis partager à son égard l'opinion