LES ASSAUTS
émise par beaucoup de gens ; par les entretiens que j'ai eus avec lui, et dans les sociétés où je l'ai rencontré, j'ai reconnu que c'était un homme pieux. »
« Il n'était jamais malade que lorsque des tentations venaient à l'assaillir. Je le trouvai une fois chez lui dans cet état, se plaignant beaucoup d'un violent ma! de dents qui durait déjà plusieurs jours. Je lui indiquai un remède généralement usité contre ce mal. Mais il ne voulut pas l'employer, et répliqua que sa douleur ne provenait point du nerf mûme de sa dent, mais d'un influx de l'enfer et des hypocrites [?] qui l'infestaient et qui, par correspondance, lui causaient cette douleur, de laquelle il disait cependant savoir qu'elle devait bientôt cesser.
« À l'égard de ses tentations , ses fidèles serviteurs, le vieux jardinier et sa femme , m'ont raconté avec un tendre intérêt comment il leur était souvent arrivé d'entendre Swedenborg, la nuit, dans sa chambre, parler haut et avec chaleur, lorsque de mauvais esprits l'approchaient (et il était d'autant plus facile à ses domestiques de l'entendre, que leur cliambre était voisine delà sienne). QuandiU lui demandèrent la cause de son agitation pendant la nuit, il répondit qu'il avait été permis à de mauvais esprits de blasphémer [¥] et qu'il avait parlé et disputé contre eux. Souvent il pliait Dieu de ne point l'abandonner dans la tentation. 11 s'écriait alors avec des larmes amères et à haute voix : « Sei- « gneur Dieu, aide-moi! Mon Dieu, ne m'abandonne « pas! » Puis, lorsque l'épreuve était passée et que ses domestiques s'informaient du sujet de sa douleur, il disait : a Dieu soit louél tout est passe. Ne vous