‹ Emmanuel de Swedenborg sa vie ses ecrits et sa doctrine par m. MatterChapitre 156 sur 179 · DV SIÈCLE · texte numérisé non relu

DV SIÈCLE

te docteur Ernesti, dont la compétence en matière de critique et d'exégèse sacrée n'était pas contestable. Swedenborg, rejetant du code un assez grand nombre de textes et proposant pour tous un système d'interprétation, nouveau à ses propre; yeux, mais ancien à ceux des théologiens d'Allemagne, un philologue aussi consommé était plus appelé qu'aucun autre à émettre son opinion. Illefitavecunesorte de vivacité et dansuu style très-rude, en appréciant plusieurs écrits de Swedenborg (jV. Bibliothèque théologique, 1. 1 et IV). Suivant Ernesti, le sens intérieur, suit spirituel, soit céleste, était jugé. C'était , suivant lui, cette e^t'-fii-^u ; illt;^. l'i^^n inventée ou pratiquée avec un luxe désolant par Philon, par quelques Pères et par les exégètes égarésdu moyen âge ; c'était ce sens figuré dont les théologiens de Hollande s'étaient tant occupés au siècle de Descartes et plus tard. Ce que donnait le nouvel interprète des textes s^wés \un;iit de suu iiiiajiïijiiiioii. Sa connaissance des langues se bornait à celle d'un bachelier ou d'un mallre ès arts de la Sorbonne. — Quelques phrases ilï'nifsti étaient dures. Swedenborg, après avoir pris connaissance de cette critique , ne fit pas exception à sa règle de ne pas répondre ; il écrivit seulement ee que voici :

« J'ai lu ce que M. le docteur Ernesti a écrit contre moi dans sa Bibliothèque théologique , et j'ai vu que ce sont de purs blasphèmes contre ma personne. Je n'y ai pas trouvé un grain déraison contre aucune matière contenue dans mes écrits. »

« Et cependant attaquer un homme avec des irniîs aussi empoisonnés, c'est agir contre les lois de l'honnêteté. Je pense donc qu'il n'y aurait pas de dignité à

me servir de pareilles armes avec cet illustre personnage, c'est-à-dire à repousser et à réfuter des blasphèmes par des blasphèmes. Ce serait ressembler à deux chiens qui se battent entre eu* en aboyant ut en mordant; ou bien encore à des femmes de la dernière classe du peuple qui, dans leurs disputes, se jettent réciproquement an visage la boue des rues. »

« Lisez ce qui est écrit dans le dernier ouvrage que je viens de publier, La Vraie rclli/tun chrétimm, au sujet des arcanes que le Seigneur a dévoilés par moi son serviteur (n"* 84(i à 8m), et tirez ensuite vos conséquences sur ma révélation ; mais ayez pour guide la raison. »

Remarquons encore une fuis c.c.\ appel à la raison. C'est le mot d'ordre du siècle , c'est à la fois son jugement et son enthousiasme. Le rationalisme, qui est conforme à toutes les habitudes de Swedenborg, l'est aussi à celles d'iïniesli; mais c'est précisément parce qu'il a écouté sa raison à lui, qu'il ne veut pas de la doctrine que Swedenborg présentait au nom de la sienne.

Swedenborg citu encoiv, pour se débarrasser de son adversaire, un autre paragraphe qu'il a écrit contre le docteur Ërnesli dans sa Vraie Religion chrétienne, n° 137; cela est vrai, et nous initiis rapporté, à propos de la théorie sur la double existence de l'homme, comment le Voyant vida sa querelle avec le savant de Leipzig dans l'autre monde, « où il se disputa vaillamment avec lui. Y. ci-dessus, p. 327 ; » mais il serait difficile de reconnaître le spirituel critique sous les traits qu'on lui donne ou les paroles qu'on lui prête.

Un général, ce n'est pas par des scènes imaginaires

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