LA VRAIE PIÉTÉ
nite en a toujours produit de semblables, et si l'action de Dieu en est moins absente que d'autres, c'est qu'elle est plus forte où i! y a une pensée plus digne de la subir.
En généra], de ces dictées promises solennellement dans la célèbre apparition , il est peu question dans la suite, et sauf les visions et les perceptions à distance, le véritable état de Swedenborg, à partir de 1743, ressemble à celui de tous les théosophes contemporains.
>! Dans mut ce qui est de science humaine , il n'y a pour lui rien de changé ; sa philosophie reste la môme : c'est en psychologie celle de Descartes. Il no connaît de facultés essentielles à l'urne que l'intelligence faite pour le vrai et la volonté faite pour le bien ; seulement il ajoute que ceux qui sont dans le faux et dans le mauvais n'ont ni intelligence ni volonté. A la place de celle-ci, ils ont des appétits; à la pince de l'intelligence ou de la raison , ils ont la simple connaissance. Sa morale est d'une grande pureté. Le devoir essentiel, c'est l'amonr actif du prochain ou le dévouement. Mais les obligations envers le prochain sont eji raison de sa nature plus ou moins pure et bonne. Le prochain par excellence estle Pur et le Bon parlait, Dieu. La religion se rattache étroitement à cette morale ; elle est essentiellement active aussi. La vie spirituelle n'est pas dans des dehors de recueillement ou des exercices de sainteté ; elle n'est ni dans de stériles contemplations, ni dans de vaius renoncements. L'ascétisme ne vaut pas plus que le mysticisme. La sainteté intérieure qui se reflète dans l'extérieur et une sincère abdication a l'égard de ce qu'on appelle les choses du monda; une vie active et
! dévouée dans le monde : voilà la vraie piété.
On est là à une distance incommensurable de mademoiselle de Porle et de Poiret , de madame de la Mothe et de Fénelon, du capitaine de Marsay et de mademoiselle de Callenbcrg, sa femme, qui fut toujours sa sœur; de John Wesley et de sa communauté méthodiste ; du comte de Floischbcîn et de la communauté de Hnyn; du comte de Zinsendorf et de la communauté morave. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à lire le Traité de lu tiuitït'He. .liru-n/ein cl de -.il ci'lctti: doctrinn.
Toute la morale de Swedenborg est religieuse, mais elle est, avant tout, comme sa religion, très-naturelle. Elle va toujours au rationnel. Le rationalisme est la vraie marotte de cette époque, celle desmystiques et des théosophes comme celle des philosophes. Comme Woll publie sa métaphysique, de même Poiret publie son mysticisme sous le titre de Pensées raisonnables sur Dieu , l'âme et le mal. Swedenborg, qui a été rationaliste à onze ans, le reste toute sa vie. Seulement, son rationnel est essentiellement le spirituel.
«L'homme a été créé de telle façon, dit-il, qu'il peut être en même temps dans le monde spirituel et dans le monde naturel.
« Le monde spirituel est celui où sont les anges; le monde nature! est celui où se trouvent les hommes. Et comme l'homme a été créé pour les deux mondes, il lui a été donné un intérieur et un extérieur.
« L'homme intérieur et spirituel, considéré en luimême, est un ange du ciel. Or il est dans la société des anges, mémo tant qu'il vit dans le corps, quoiqu'il ne le sache point, et il passe parmi les anges après lu dissolution du corps.