CHAPITRE XI
Retour mi Suéde. — Rïéuulion du coinle Brahs cl du baron Hum, — EuLreviicB a™ le ainile iIhiik heures iipn't sa inorl. — ]ji vlilonel lrj Irail,' lin j-.iivm-.i.l «miiNt : lu 1 1 h .-- 1 .■ n . ■ I : . 1 1 1 :],-. 1:1 iriml, j ru- lîsliï-
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Swedenborg avait à'peine terminé et publié à Londres, en 17S6, la dernière partie de son grand ouvrage sur les Mystères célestes, quand il se mit en route pour Stockholm. Il s'y trouva dès le 23 juillet, le jour de l'exécution du comte de Brahc et du baron de Horn, deux membres de la plus haute noblesse de Suéde qui avaient ourdi mie ctjiïs-piration cuiilro les libertés du pays en faveur de la royauté, et dont la condamnation est un des plu^ tristes monuments des violences de la justice politique. Swedenborg, très-lie avec le comte Brahe, fut vivement affecté de cette catastrophe, et voici ce qu'il nous raconte dans son journal sur les premiers entretiens qu'il eut avec le défunt :
« Brahe fut décapité à dis Ikiiiivè du iiuiiiu et il parla avec moi à dix heures du soir, douze heures après sa mort. Il fut avec moi à peu près sans interruption pendant pLiisinii'f jours. Au Imnl do doux jours il retourna un peu à son ancien genre do vie, à son amour pour les choses mondaines, et au bout de trois jours il redevint ce qu'il avait été auparavant dans le monde et se jeta dans les passions qui avaient fait son malheur avant sa mort. »
Swedenborg garde d'ailleurs à son ami le secret sur
Le Voyant passa le reste de l'année à Stockholm , ainsi qu'une partie de celle de i7S7; et ce fut à cette époque qu'il obtint une double consécration de son ministère : l'une, du public, l'autre, du ciel.
Son ouvrage sa vendit si rapidement, malgré son prix élevé, que bientôt il ne s'en trouva plus d'exemplaires dans le commerce : voilà son premier succès. Voici le second : à titre di" continuation de- bon privilège d'aller saisir dans l'autre monde des faits à l'appui des idées qu'il puisait- dans sou interprétation des sainte; écritures en général et de l'Apocalypse en particulier, il fut rendu témoin, nous dit-il, du plus grand événement dont se soit jamais préoccupée la pensée humaine, c' est-a-dire âu jugement dernier qui eut lieu en 1757. Voici du moins ce qu'il écrit :
« J'ai vu In même c/i/me arriver en heonronji rC endroits, au jour du jugement dernier, dont je fus té-
k la première lecture de ces lignes, on ne délie un instant, soit.de ses yeux, soit de l'esprit de l'auteur et
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d« l'étal normal de sn raison. Mius il n'y a lien .1 rien de tout cela. Ce que Swedenborg nous dil est fort bien vu et parfaitement raisonné dans son système. Aussi, quelque élrougo, quelque impossible que paraisse le h il nu point de. vue de dos doctrines chrétiennes, qui renvoient ie jugement suprême à l'époque des solutions suprêmes, à la fin des lins, il est dans les théories de Swedenborg la <"ho*e du monde la plus simple. Aussi il le rapporte a vu' si peu d'émotion et une telle prëeisioa que bientôt on se rassure a le voir si bien en possession de soi. Ce qu'il expose «t, sans doute, assez étrange, mais si nécessaire pour la réalisation do son œuvra, qu'on eu comprend aisément la conception dans sa pensée.
Déjà, dans les Arcanes (t. III, p. 377), il avait préludé à de prochaine;. ivy<'l. liions sur le jugement dernier et annoncé qu'il fallait se faire de la chose d'autres idées que celles qui ont cours. « Peu d'hommes, avait-il dit, savent aujourd'hui ce que c'est que le jugement dernier. On pense qu'il viendra avec la destruction du monde. De la les conjectures, que le globe terrestre périra par le feu et que toutes les choses qui sont dans le monde visible périront en même temps; que ce sera seulement alors que les morts ressusciteront et se.présenteront pour être jugés.
" Ou tire ces conjectures des livres proplu-liqucs... on il est fuit mention d'un nouveau ciel et d'une nouvelle terre, et aussi d'une nouvelle Jérusalem. Cela se [ail dans l'ignorance où l'on esl. que les livres prophétiques... signifient dans le sens interne absolument autre chose que ce qu'ils présentent dans le seus de
la terre ; el que par lii Ciel on n'entend pas le ciel visible, ni par la Terre, la terre; mais qu'on entend l'Église du Seigneur et que, par le jugement dernier, on entend le dernier temps de l'Eglise... »
« Le jugement de la très-nneienne Eglise arriva par le déluge ; celui de XanciMm L'tj/ixc, à la dispersion (de Babel) ; celui de Y ' F.i/lin: rujji^kiitutir.e, à la captivité du* dis tribus cl à l'avènement du Seigneur. »
h Le jugement dernitT de l'Iùjt/sc actuelle. est ce qu'on entend dans l'Apocalypse par le nouveau Ciel et la nouvelle Terre. »
liés lors, ou le voit bien, le jugement dernier auquel assiste Swedenborg est tout a fuit autre chose que ce qu'on comprend communément sous ce mot : ce n'est que la condamnation -ou la destruction de Ylùjiisc actuelle. Or, il fallait bien que l'Église actuelle fût détruite ou du moins jugée et condamnée, pour faire place à celle qui devait lui succéder, la nouvelle Jérusalem.
Voilà le jugement dernier dans le sens et dans le système de Swedenborg. Kn effet, c'esl Lien une double métamorphose, mais un fait t ont moral où n'entre aucune espèce de catastrophe physique, qu'il décrit dans son traité du Jugement dernier et de la Destruction de Babylone, qu'il publia à Londres en 1758.
Dès la fin de 1757 ou dans les premiers mots de 1758, Swedenborg s'était rendu en Angleterre pour la publication d'une série de traités qui offraient les développements des Arcanes, terminés eu 1756, el exposaient les grandes révélations qui étaient venues les confirmer en 1757, celles du jugement dernier. Il avait à en