LA PUO PAG AUDE
public; il les donnait. Il les adressait directement aux ministres et aux évêques, aux fidèles et au* docteurs do Suède, de Hollande, d'Angleterre. Nul n'a jamais apporté à l'avancement de ses desseins plut de science, plus d'argent, une position plus haute, une plus inépuisable fécondité de plume, un talent plus réel, une persévérance plus méthodique, plus d'habileté i; tirer parti de tant d'avantages.
Swedenborg ne bornait pas sa propagande aux ministres de k religion , il abordait aussi les académies. On a fait l'éloge de son esprit d'abnégation, de son quiéttsme de chef, do la modestie qui !e porta longtemps à ne pas mettre son nom a ses écrits. On a eu raison. Mais l'anonyme est parfois une des plus grandes aulorités, celle d'une mystérieuse i m personnalité. La retraite où il se dérobait au vulgaire ajoutait ellemême au prestige de son nom. Et pour parfaire la vérité du tableau que nous venons d'esquisser d'après des faits, il faut le compléter par d'autres.
Toutes les fois qu'il était utile d'agir, Swedenborg, loin de se dérubur au publie , r-f ywiduit-.ùy e! ^e pi'oilif;uiut. Accessiiili; à tout le monde, dans l'auberge et m i salon de set ami; comme dans sa belle habiiaticai de Stockholm, il recevait même lea simples curieux, i! subissait leurs insipides questions. Et les moqueurs eux-mêmes étaient consternés sinon saisis de respect ù la vue de cet homme si grave , si doux, et, disons-le, de ce gentilhomme au grand air, aux manières distinguées.
Il frappait lui-même assez volontiers aux portes qu'il tenait a s'ouvrir. Qu'on lise, pour s'en persuader, la lettre qu'il écrivit à l'Académie de Stockholm après la