LES HIÉROGLYPHES
-publication de son dernier traité, celui du Cheval blanc. Et remarquons ce fait : 11 avait adressé le traité à l'Académie elle-même. Ce n'était pas assez h ses yeux : il tenait à la convaincro , et pour montrer qu'il avait bien expliqué le chapitre xix de l'Apocalypse, il lui cita une quantité de nouveaux texles. 11 lui dit que le moment de substituer le sens spirituel au littéral était Tenu. 11 l'assura que sa théorie du sens intérieur s'appliquait au système îles hiéroglyphes égyptiens aussi bien qu'à laliiblc; que c'était un devoir pour l'Académie de lui prêter Éûii i[3?i;t;iiicc à ce sujet; qu'il était prêt, si elle le voulait, à expliquer ce système, ce qu'aucun autre ne pourrait faire.
Écoutons les ternies de cette proposition :
« On sait qu'en lïgypLe on inscrivait des hiéroglyphes sur les colonnes et les murailles des temples. Aujourd'hui personne ne sait ce qu'ils signifient: c'étaient les correspondances des choses naturelles et des choses spirituelles, n
C'est bien ainsi que Champoîlion a compris les hiéroglyphes aussi ; seulement il a suivi un autre système de correspondance. Dans celui de Swedenborg, les choses du monde matériel répondent aux choses du monde spirituel, si bien que les unes sont la fidèle rep -..sentation des autres. Le système de Chnmpollion, plu.; limité, se borne aux choses de ce monde, et les signes alphabétiques, phonétiques ou idéographiques empruntés à ce monde répondent aux idées qu'on veut exprimer sur ses affaires et ses intérêts, celles de la politique et de la religion, le gouvernement des rois et celui des dieux.
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Le premier allait donc beaucoup plus loin que n'est allé le second. Il croyait la Bible tout entière écrite dans son système des correspondances, et il expliquait les hiéroglyphes de l'Egypte par ceux de la Judée, oubliés et oblitérés, dil-il, par l 'idolàlrie les uns et les autres. Mais l'ère d'une grande restau ralliai était venue : une nouvelle Église, ou un nouvel ordre de choses spirituelles devant être institué par ses soins, Swedenborg demandait l'assisliince de l'Académie pour remplir cette grande mission. « La science des correspondances, lui dit-il, a été chez lus anciens la science des sciences. Elle mérite que quelqu'un d'entre vous y consacre ses soins. Je suis dispose, si on la désire, à développer les hiéroglyphes et à les publier, ce qui ne peut être fait par aucun autre. »
Mais les académiciens de Stockholm , qui aimaient beaucoup à suivre leur confrère dans ses études sur le monde matériel, ne désirèrent pas du tout le suivre dans ses études célestes. Prédécesseurs d'Akerblad, qui précéda lui-même Young et Champollion , ils eussent été, sans nul doute, curieux do la science hiéroglyphique des Égyptiens ; mais, dans leur pensée intime, ils n'admettaient de la phrase de Swedenborg sur le grand mystère, par aucun autre, que les deux premiers mots.
Rien de plus remarquable que celte fameuse offre du Voyant, si ce n'est le silence de l'Académie de Stockholm, qui, malgré toute la science qu'elle connaît à Swedenborg, et tout ce qu'elle sait des voyages célestes de sou admiré confrère, ne veut pas se prêter à l'eipérience qu'il lui propose. Évidemment, son abstention ne s'explique que par son incrédulité et par la crainte