WIELAND
Deux académiciens français de Berlin [Thiébault et Pernety], le premier poète et le premier philosophe d'Allemagne [Wieland et Kant] concoururent de leur eêlé à propager ,1a renommée de Swedenborg en discutant les deux faits chacun à sa façon.
Thiébault, dans ses Vingt ans de séjour à Berlin, et 'Pernety, dans la préface de sa traduction des Merveilles du ciel et de l'enfer, donnèrent a l'hïsloire de madame de Marteville un haut degré d'intérêt en la rapportant au nom de la reine Louisc-L'lrique, qui, attirant eux, en affirmait l'exactitude ou l'authenticité. Mais ils n'y ajoutèrent rien et ils ne l'expliquèrent pas.
Wieland n'est pas si réservé, et en sa qualité de poète, il est à la fois plus hardi et plus amusant que les deux Aouléiiiiciens. La critique, se posant en face de l'histoire et de la légende, avait mis en avant un conte qui devait (*tre une explication rationnelle. Elle avait fait de Marteville le possesseur d'une petite bibliothèque secrète , formée d'écrits de libres penseurs et d'autres écrivains libres aussi. Baylc était de la collection. Un jour M. de Marteville, interrompu dans la lecture du sceptique par une visite de Swedenborg, avait glissé la quittance, qui n'était pas encore serrée dans son portefeuille, à l'endroit où il s'était arrêté. Son ami Swedenborg, qui avait la mémoire bonne et qui connaissait cette armoire secrète, saisi de l'affaire par Ostermann , avait bien compris que, la visite de tous les autres meubles étant demeurée stérile, il fallait fouiller là. H n'eut pas même besoin de dire de qui il tenait l'indication : l'opinion pubbque, qui se nourrissait de son commerce avec les esprits, se chargeait de cela, et il n'avait qu'à