‹ Emmanuel de Swedenborg sa vie ses ecrits et sa doctrine par m. MatterChapitre 73 sur 179 · EH RE [1RS DE LA REINE · texte numérisé non relu

EH RE [1RS DE LA REINE

scepticisme du sujet de ces merveilles qu'elle n'en montrait il Swedenborg; clic jette aussi un peu plus do majesté royale ou du moins d'étiquette dans les détails; " mais cela ne fait pas mal à une cour du Nord. Elle se trompe d'ailleurs, assurément, quand elle se persuade que, quelques jours après sa première conférence avec Swedenborg, elle ne se souvenait plus de la périlleuse mission qu'elle lui avait donnée. F.t elle erre encore quand elle croit se rappeler, qu'il lui aurait Tait plaisir en répétant devant tout le monde les dernières paroles qu'elle avait échangées avec son frère à Cbarlottcnlïourg. Ces paroles étaient évidemment toutes confidentielles, très-allemandes en matière de gouvernement et de nature à n'être pas répétées devant des oreilles suédoises. Assuréineiii le double supplice du comte de Brahé et du baron de Uora, mortsviclimes d'une folle conspiration à laquelle, la princesse prussienne avait trop souri, était assez récent eu l/til ou 1TG2, pour eu soigner à la reine plus de prudence qu'elle n'en affiche. Et la preuve qu'elle se souvenait fort, bien de quoi il allait être question avec Swedenborg, c'est qu'elle lit intercepter les communications par le comte Schwerin: car si elle emmena le sénateur avec elle, ce n'était certes pas pour ne pas se compromettre dans une entrevue avec un vieilliird di; suixaiite-quiuze ans.

J'ai à luire une autre remarque, que provoque sa conduite dans cette affaire.

D'après son récit, en di^ne sn'iir de Frédéric le Grand, elle aurait éié très-sceptique d'un bout a l'autre. Et pourtant elle prouve elle-même dans son récit qu'il n'en fut rien : le scepticisme n'a pas d'évanouissement.

EHAEURS

Cependant elle aurait eu toutes les raisons les meilleures du monde pour être très-défiante, si l'histoire intime de la Suède, celle des intrigues secrètes de la cour, fournissait du fait si étrange à première vue qu'elle nous raconte elle-même, une explication aussi naturelle et aussi simple que celle qui se produisit tout à coup dans les journaux. Eneffet,lo chevalier Beylon, lecteur de la reine douairière, y fit savoir, que le jour môme de l'entrevue, il avait vu sortir de la maison du Voyant, dont ils étaient les partisans, les sénateurs Hœpken et Tessin, qui prenaient, par des courriers dociles pour eux, connaissance des lettres de la reine.

Mais à peine cette explication qui faisait du comte de Dœpken et de son collègue le comte de Tessin, ainsi que de Swedenborg, des intrigants assez -vulgaires, se ftrt-elle produite qu'elle reçut un démenti éclatant de la part du chevalier de Stahihammer, qui prétendit à son tour mériter la confiance d'un témoin oculaire.

Nous donnerons ici la lettre qu'il publia, puisqu'elle contient des détails entièrement nouveaux.

ii Stockholm, 13 mal 1733.

« J'ai lu avec étonnement la lettre qui rapporte l'entretien qu'a eu le fameux Swedenborg avec la reine Louise-Ulrique. Les circonstances en sont tout à fait fausses etj'espère que l'auteur me pardonnera si, par un récit fidèle, attesté par plusieurs personnes de distinction qui étaient présentes et qui sont encore en vie, je lui montre combien il s'est trompé.

a En 1758, peu de temps après la mort du prince de Prusse, Swedenborg vint à la cour ; il avait coutume

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