LE NOUVEAU CODE
pour assurer lo triomphe de sa doctrine. Quant a la part qu'il prit h cette nouvelle Jérusalem, elle est d'autant mieux expliquée que c'était là précisément sa mission.
A la doctrine sur le Seigneur succéda, encore à Amsterdam et !a même année, la Doctrine sur l'Ecriture sainte, que Swedenborg tenait si vivement à présenter sous son point de vue. Je l'ai déjà fait connaître suffisamment en exposant, ton système d'interprétation spirituelle. Mais je dois ajouter ici que les saintes Écritures de Swedenborg ne sont pas le recueil complet des textes sacrés de l'Église chrétienne. Suivant lui le vrai sens de ces textes, c'est le sens interne ou spirituel, et non pas !e sens externe ou littéral. En vertu Ht 1 ce principe, il retranche donc du saint code tous les livres « qui n'ont pas de sens interne » : celui do IUith, de Job, le Cantique, les Proverbes et l'KeclésiasIe de Salomon, les Apocryphes et la totalité des Epilres apostoliques.
La Doctrine de la nouvelle Jérusalem sur la foi se rattache au traité du Seigneur et au traité de l'Écriture sainte : il en forme ie corollaire naturel. Les éditeurs français ont eu raison de les réunir tous en un seul et même volume avec le traité de la Vie, sous ce litre commun : Les quatre Doctrines. Ceux qui ne veulent pas aborder l'exposé très-compiet donné plus tard par Swedenborg de l'ensemble de sa doctrine, trouvent là, sous la forme la plus simple, tout ce qu'il leur importe de connaître pour suivre la marche de sa pensée.
Je passe à l'objet du traité de la Vie,
La nouvelle Jérusalem était annoncée et inaugurée en idée, sinon créée et installée en réalité, à la suite du jugement qui condamnait l'Église actuelle, en 1737.
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Pour assurer un bon accueil à celte nouvelle Église, lors de son avènement, et pour faciliter ses premiers pas ou sa naissance môme, il convenait, après avoir esquissé les premiers éléments de sou dogme, de faire connaître ses principes de morale.
Tel fut l'objet de 1;l Doctrine i/u la vie pour la nou- . velle Jérusalem, c'est-à-dire du plus joli des traités publiés à Amsterdam. Car, il faut le dire, il ne se conçoit rien de plus ferme ni de plus droit que cette morale déduite du Lècalo'jM tic MoUe et assise sur cette maxime, que la vie de la Religion est de faire le bien. En effet, grâce à son système à' in ter pré tu lion, le texte sacré se prête ici, sous laplumt'pmile^iee de Swedenborg, aux plus purs préceptes et aux plus sublimes conseils que puisse donner un moralise évangélique. Toute sa morale est dominée par cette idée favorite de l'auteur, Yamour du 'prochain ou Kiuticité d<: h. fraternité humaine. Car m partout où règne ce que J'Evangile appelle la charité , règne aussi la foi ; avec la première disparaît aussi la seconde. C'est donc !a première qui est la plus importante desdeus. »
On se rappelle que telle est la doctrine de saint Paul, qui, d'entre les trois vertus, la foi, l'espérance et la charité, met aussi la dernière au-dessus des deux autres. L'autorité de saiut Paul, dont les textes ne sout pas classés dans Je canon de Swedenborg, n'est pas citée par lui, ï! est vrai; c'est au contraire celle de Moïse qui le guide ; mais c'est réellement l'esprit de l'Evangile qui souffle dans toutes ses pages.
La cinquième de ces publications savamment préparées et bien calculées pour les desseins de Swedenborg,
T.E JUGEMENT DERMES.
est celle de toutes qui fait le mieux connaîtra l'intérêt personnel qui animait l'auteur ; et pour cette raison nous aurions fini par là notre énumération , si nous n'avions voulu suivre l'enchaînement logique plutôt qui: le; dul'??.
Ayant appris à l'humanité surprise que le jugement ou plutôt la condamnation de Y Eglise actuelle avait eu lieu dans le monde spirituel, il fallait encore lui on démontrer la réalité; il fallait aussi faire voir d'une manière claire et nette ce que le monde et l'Église avaient été ;nt|i;iravant et ce qu'ils sont devenus depuis.
Tel est l'objet du traité intitulé Continuation sur le jugement dernier.
Il a été facile de tout temps de dépeindre l'état de l'Église avec as;cnde triste;*?. En principe elle est l'humanité soumise a la discipline de L'Évangile; mais en fait c'est l'humanité rebelle à cette sainte direction. Elle manque toujours trop de ce que Swedenborg lui reproche beaucoup, de foi ; mais ce n'est pas toujours parla seule raison qu'il m donne, !c rtmutdr cii-inté. Ce défautest très-commun, sans doute, mais le manque de lumières ne l'est pas moins. C'est avec beaucoup d'aisance, mais est-ce avec asscz.de raison et de circonspection que Swedenborg résume en ces mots l'état de l'Église en 1757 : « Avant que le jugement dernier eût été fait sur eux, la communication entre le ciel et le monde avait clé en grande partie interceptée? »
S'il fallait un jugement toutes les fois que ce fait a lieu en grande partie, il y en aurait un en permanence.
Swedenborg ajoute vite, que par le jugement la communicauoD a été rétablie; mais il le montre mal. En effet, par quels faits le prouve- t-il?
LES BÉFOBMÉS.
« Les révélations, dit-il, ont été faites après le jugement dernier.» Fort bien. Hais lesquelles? Les siennes? Mais que valent-elles? Et par qui ont-elles été acceptées? 11 n'est d'ailleurs rien de plus piquant que les indications que donne le Voyant sur l'état des diverses nationalités et des diverjes communautés chrétiennes depuis le jugement de 1757.
Les protestants n'avaient pas eu leur tour en 1757. lln'avait été question que« de Babylouc (on sait qui c'est), des Mahométans et des Nations. Ces trois grandes fractions condamnées se tenaient à l'entour des Réformés. Ceux-ci siégeaient donc au milieu. » Mais pourquoi? — Ils tiennent ce privilége« de ce que, par eux, la (sainte) Parole est lue, que le Seigneur est adoré et qu'il y a chez eux la plus grande lumière, »
Cependant beaucoup d'entre eux n'enavaient pas tenu compte, et condamnés aussi, ils étaient si fort dans le mai qu'ils formaient ensemble le Dragon de V Apovah/psii.
Qu'est-ce quecette terrible personnification? — « Par le dragon sont entendus tous ceux qui lisent la Parole sainte, entendent les prédications et participent aux choses' saintes, mais se livrent à tous les vices, anges au dehors, diables au dedans. »
De ces généralités la brochure passe aux différentes nations des Réformés et dépeint leur condition dans le monde spirituel depuis le jugement de 1757. Il commence par ses favoris, et les meilleurs d'entre eux.
« Les meilleurs d'cnlre la nation anglaise sont an centre de tous les chrétiens, par la raison qu'ils possèdent une lumière intellectuelle très-intérieure, qui n'apparaît à personne dans le inonde naturel, mais qui est très-