LES OMISSIONS
ment, elles sont sévères : sévères pour les chefs de toutes les communions chrétiennes, et pour les évéques de Suède et d'Angleterre comme pour les chefs de Rome ; sévères pour tous les réformateurs de cultes sans exception ; sévères pour les petites fractions chrétiennes comme pour les grandes; pour les frères morales, les «'esleyens et les quakers, comme pour les catholiques, les réformes, les juifs et les mahométans.
Ce qui surprend, c'est que jamais, dans ces questions de doctrine, le principe de la liberté de conscience, la grande question des libres penseurs du siècle, ne se trouve abordé. Ce n'est pas que Swedenborgne considère aussi la foi au point de vue social, nous avons vu le contraire au sujet de la prospérité de la Hollande; mais c'est que, dans sa polémique religieuse,- il reste toujours dans la théorie. Dès qu'il est dogmatiste, il n'y a que la question de la vérité ou de l'erreur qu'il envisage. De tout le reste, il fait complètement abstraction. Cela est si vrai que le fils de l'ancien évéque de Skara, l'oncle de deux évèqucs très-éminents, l'ami de tant d'autres, discute les croyances des pays qu'il habite, celles de Suède, de Hollande et d'Angleterre, comme si tout ce qu'on appelle lois et in slitutio us, Église ou Consistoire, n'avait jamais existé. Est-ce par la raison que tout cela a été condamné par le jugement dernier en 1757, ou par la raison que l'erreur n'a aucun droit d'existence à ses yeux? Il ne le d't pas dans son Journal; et s'il ne' s'explique pas à ce sujet, c'est qu'à l'époque où il rédigeait, il ne rencontrait aucun contradicteur public.
En général, les considérations humaines sont si peu de chose pour lui que, devant les exigences de la vérité,