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besoins toujours pressants de la vie; l'autre, pour le soulag'ement des petits et des pauvres; la troisième, pour la recherche de votre Vérité, qui s'appelle aussi Justice et Beauté, et sans laquelle ma vie, réduite à Tapaisement de mes instincts, ne serait dig*ne ni de Vous ni de moi.
Sans doute, j'aurais pu m'endormir, comme tant d'autres, sur l'oreiller commode de la foi. Mais, outre que cette foi servile, qui n'est souvent qu'une forme décourag'ée du doute, quand elle ne cache point des sentiments plus bas encore, n'a rien de salutaire pour l'âme, qu'elle dég'rade; vous avez voulu que chacun dût rendre compte de sa croyance'et travaillât au salut de tous
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en faisant le sien. C'est en cela seulement que réside l'efficacité de la foi.
Pédaignant les dévotions hypocrites de Caïn, si fréquentes de nos jours, vous n'ag*réez que les hommages réfléchis
et libres.
Or, s'il est vrai, comme je suis forcé d'en convenir, que la révélation de la Nature ne peut jamais contreSire celle de l'Évangile ou de la Grâce, j'atteste qu'on peut unir la plus entière liberté de penser à la plus entière liberté de croire, la Raison hardie à la Foi soumise; et je dis qu il est temps d'accomplir cette union, laquelle^, nous réconciliant avec nous-mêmes, établira parmi nous le règne de l'Esprit, c'est-àdire de l'Homme.
Car, à voir Ting^énieuse fécondité avec laquelle chaque époque enfante des systèmes, qui meurent avant elle, il est clair qu'on peut toujours, en mutilant l'âme humaine, obtenir l'accord momentané de ses facultés. Le difficile est de lui conserver tout son Être, ou de lui donner une discipline qui convienne d tous et toujours.
C'est l'œuvre à laquelle j'ai usé obscurément mais résolument ma vie, demandant, à toutes les sciences, des arguments pour contrôler ma foi, à toutes les croyances, des lumières pour éclaire^; ma raison; conduit, soutenu, dans cette double recherche, par l'espérance de pouvoir, un jour, alléguer la peine et frayer la route à ces âmes
inquiètes, avides de Savoir, dont le nombre grandit sans cesse, et qui, courbées sous le poids du jour, sacrifient, comme moi, leur repos et leurs veilles à la recherche désintéressée du vrai. Ayant vécu leur vie et souffert leurs angoisses, c'est à elles que je dédie ce livre, vous priant, ô mon Dieu, d'en bénir et d'en féconder les pag-es.
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