CHAPITRE X
EXPIilÇATIOH DE LA THÉORIE 00 FEÉCÉD^ENT.CHAPITSB.
Le petit Emmerich ayait six ans^ et jouait* un jour iiuprès de Marie ^ occupée à faire un potage au lait , que l'enfant aimait ^ beaucoup } elle admirait sa jolie petite figure^etles grâces enfantines qu'il déployait y tantdt en galopant sur un manche à balai , tantôt en jetant une^ balle de laine en l'air, et la recevant dans ses petites mains avec jm éciat de rire.. . ^„ . / , ^ ■. l -
Au bout d'un mqm«Dt il la jetOi
avec pli» de force , ne sut pa» la recetbir,et la baUe roula sous ujae
armoire^
Maman, dit-U, ma èalïe s'est cachée là-dessous, je ne puis 1» ravoir, mon: bras n'est pas asset long ; venea me la donner , v«ne» vitfe , s'a vous
plait.
— Mae. Mon enfant, il ne me plait pas à présent, ma bouillie va monter, je ne Tcux pas la quitter.
i— E». Rien qu'un petit monafent, ie -voudrais tant wa balle.
— Ma». Quand je te dis que je ne le peux pas à priésent, prends
patience.
— EuMSR. Oh '. non , non , ma
balle!
- —Mil*. AlléBS , sois sage-î tu vois bien que je ne puis pas quitter , ma bouillie serait IwrÀlée , et petit Em-
COURS ne MORiLLE. 'i5g
m<?rich qui Faime tant ^ n'en aurait point.
— Eh Uen , le veux ma balle , dît l'enfant; en chercliant à la retrouver^il ne fit que la pousser un peu plus avant ^ et se relevant en colère^ il répéta en pleurant.^ ma balle, ma balle, je veux ma balle.
— Mar. Fi, que c'est laid , Emmericb ,de pleurer pour une balle ! Taistoi y et dans un moment tu l'auras ^ mais pas à présent.
— ^ Oui., à pi*éseut , dit l'enfant , qui crut vojir qu'elle faiblissait^ à mes!lr# que ses pleurs^ ^redoublaient; ^
La l»le de Marie commenoail: à s'échauffer: tu ne gagneras rien à pleui?er qu'une paice dis soufiBLffits> lui dit-^elle en. criant pkiafort que lui. . ç ' ' . . .
L^enfant * savait si ; bien, à q» il
l6o EMMfiRICBj
avait affaire^ qu'il voulut en courir le rîàque ; au lieu donc de se taire , il ûe cessa de crier , ma balle ^ ma halle ^ en frappant des pieds et des mkins j mais cette fois Marie était vraiment en colère; et^ laissant là sa bouillie^ elle donna sur la joue d'Emmericb les deux tapes promises^ et revint auprès de son feu.
L'enfant était tout à fait démonté; et il redoubla ses cris de plus belle. — Marie avait puni^ elle ne savait plus que faire , pour appaiser le petit; elle pensait en elle-même ; «Je l'ai ti frappé en colère ^ trop fort pêut- » être ? Qui sait si je ne lui ai pas fait D bien du mal? Si je lui avais d'abord » donné. sa balle ^ cela ne serait pas » arrivé. Pauvre enfant 1 il est à yi présent, assez piini. )r«-4
Tu vois Uen , Ëmmerich -, lui dil^ elle^ qu6^ lorsqu'uiie fois ta me te se
COURS UrZ UOKilLE. ïGf
met en colère ^ -tu t'en trotiYes mal f tes )oues« té font bien mal , n'est-ce pas.? Elle lui disait cela d'un Ion si tendre^ qu'il était . trèl^^facile à «n enfant aussi intelligent que celui-là , de voir qu'elle aurait tx>u1u avoir donné deu^^ baisera ^ au lieu de deux soufflets. ' .^
. Ab !• oui.^ cela me fait bien mal y dit-il en sanglottant^et Marie aurait pu voir un petit sourire à travers les doigts étendus sur le visage du petit mutin. , qui recommença ses pleurs, ^jt ^ £b bien ^ tais-toi , lui dit Marie , et je te donnerai ta balle; ne pleure plus mon petit. Je suis fâcbée de t'a voir fait mal > mais aussi ^ pom*quoi es-tu si sot aujourd^bui? ^
L'enfant, ne se tut pas encore -, il avait mis dans sa petite J;|ête de ne pas obéir à ^ mère; il allait y réussir^
«Hé s'aTançait pour relever la fcalïe, lorsque père Emmei:icli ^ ^i était depuis quelques minute» sur la porte ^ et spectateur de eette scène ^ entra dans la chamlnre.
Qu'estce qu'a cet enfant^ dit-il àyec c^me^ il a besoin de sentir l'air? et le prenant par ta inain^ il le iKrit dehors ^ ferma la porte ^ et revint auprès de sa femme. Marie^ lui dit-il^ en la regardant fixement^ ne me gâte pas cet enfant^ je t'en prie ; si f u continues: ainsi , que veux^tu qu^il devienne ?
Mais^ dit Marie en rougissant^ je t'assure que je l'ai
— Em. Oui , je sais t^eie fu Ya$ souffleté y farce que tu éttiîs en colère ; ce n'est donc pas une punition^ tu Fas fait pour te satisfaire, et cela n'a eu d'autre effet que d'augmenter ses cris; le plus
9ÎmpIe ëtak de le mettre dehors au moment où il a pleure. On ne Yen-* tend plus à présent» Sers le^dâner^ je t'en prie.
Marie mit la nappe , elle plaça l'assiette du petit du eôté de la sienne.
•^ En. Pour qui cette assiette^ Marie ?
— Mar. Pour. . . ; . pour Fçnfanté Ne dis - tu pas qi*e. tout est fini j ^e Tais L'appeler j, il aime tant ce potage.
— Em. J'ai dit que ses pleurs arskient cessé ; mais l'enfant mérite punition. Tu lui donnerais volontiers , )e crois , si je n'étais là ^ sa balle , sa part de bouiflie , et deux baisers «îr les joues souffletée» f n'est-ce pas, Marie?
;— Max. Mais si . comme tu dia ^
:i64 J&MMERICHy
)'ai eu tort de lui donnefr des so\i& flets? .
-^ £m.. Tu ne les donneras pas une autre fois ^ et tu sauras te faire obéir sans cela.
— Mar. J'ai fait ce qxie j'ai pu ; mais le voilà tranquille à présent ^ dit^elle après une pause.
^ère Emmerich était fâché , îï ne répondit rien; c'était sa manière ^ quand il sentait qu'il ne pourrait s'empêcher de gronder sa fenime.
Marie la connaissait bien , et son coeur se serra à l'idée de lui avoir fait de la peine; elle lui tendif; la main arec l'expression de la ten* dresse^ en lui disant /cher Emme-^ rich, ne sois pas fâché contre moi , pardonne, je t^en prie? tu sais que je suis faite ainsi ^ passe-moi mes faiblesses.
Eh l £ais-je autre cho^e? dit père
' COtJRS DE 'MORALE. l65
Emmerich. 11 n'eut pas prononcé ce mot , que son cœur lui en reprocha la duretéj îl serra tendrement sa main : chère Marie y lui dit-il y il m^est bien lacile de te passer tes aimahles faiblesses^ qui sont la suite nécessaire de la sensibilité y et de Texcellence de ton cœur. C'est pour ton bonheur et celui de l'en" fant que Dieu a coi;ifié à nos soins y que je voudrais qiie tu pusses les modérer. Mals^ jamais, jamais, je n'ai eu d'aut^^e reproche à te faij:'e, que d'être trop bonne poiu' c^ , monde.
Marie î^ttendrie serra la main de son mari contre son cœur ^ je vois ,' je sens inon tort , et ta bonté j ' mon ami , le meilleur des hommes , veuille donc m'éclairer, et ne m'épargne pas, je t'en prie.
r— Em. Tu crqis donc qu'on peu^
l66 EMMERICA^
gâter par trop 4e ménagemeiri:.... lu as raisQjai , chère Marie , il n'y a nid danger avec toi; mais il y en a^ et beaucoup^ avec notre ei^dTant; son ame neuve et tendre peut encore être façonnée comme nous le voudrons ; mais ne lui laissons pas prendre de funeste plis que nous ne pourrions plus effacer. Ne le perds point par trop de ménagemens; tu le vois.^ Marie ^ il est déjà mutin ; opiniâtre , il sait déjà te faire plier à sa volonté parce qu'U conbaît ta faiblesse ^ .et ton indulgence bien mieux que tu i^ le connais. Tu sais 'que j'ai de l'expérience , que j'ai passé ma vie à étudier les hommes^ eh bien je ne me vanterais pas de connaître Je faible de quelqu'uB aussi promptement quW enfani; :saisit celui de ceux d^ <jui il dépend^ ej^ surtout de sa mère^
.— Miot. Mais y mon ami • , • .
— Em. Mais ^ cbere Marie ^ il y a des
véirités ^ui ne se réfutent pat aviec des
mais.... et celle4à est du nombre*
Je te dis que pour peu que tu con-
4ina^, jtU deviendras l'es daYe devCet
isnfaiit j qu'il nous rendx:a xnalheuip
reux , ^t ce qu'il y ad^ pîre> qu'il le
sera lui-^même. Crois-tu qu'i^ trouver^
dans le monde beajuco;up de cœurs
comme 1^ ii^n? ^t 2^ vaut-il pas
mieux l'a^cçQutumor à se. soum,ettre
à la nécesM.^ .et à la raison i Marie ^
une mère trop Caihle ne sp doutie
pas combien elle /est cruelle pour
j'enfiant q^a'eile gâte et chérit , comr
|>ieii ^le ^ui <coute.de pleurs dans
son •epfp^.Aee y <et de cba^in toute
sa vie. Tu avais un très - bon
motif' de lui i^fuaer la balle ; t^
le lui dis f il persiste , et tu cèdes;
^c'est ce qu'il ne faut jamais faire $o}^
l6é EMMBAICH,
aucun' prétexte. Une mère sa^e, avant de refuser quelque chose à son enfant, doit s'assurer ellè-métne qu'elle aura la force de persister ; si elle finit par céder:, renfant' ne ■Verra que du caprice dans le pr^inîer refus, de l'opiniâtreté dans la résistance, et dans la condescendance une faiblesse dont il saura
. bien profiter ^ il saura qu*il n'a qu'^ être opiniâtre , ou fatiguer par ss€« pleurs, pour obtenir enfin ce q^'il ▼eut, et là dessus sa pénétration n'est jamais en défaut. L^essentiel dans la première éducation , est de ne revenir jamais d'une défense j il
, y a moins de danger à revenir d'âne permission ; mais ^'oi^qu'une fois cet a dit non, il ne faut, sous aucua prétexte , se laisser aller à dire oui.
— Mar. Mais si l'enfant "pleare long • temps et bien fort 7^
COURS BE MOltiLE. 169
— Eh. Il n'y a qu'à le daisser pleurer, il s'en lassera bientôt s'il Toit qu'on ne s'en occupe pas.
— Màr. Mais si en pleurant il se fait du mal, tu sais mon ami qu'il y a du danger:
— Em: Oui, je sais que les mères et les bonnes le disent toutes ; maî^ moi je * dis qu'il serait plus facile de guérir ce mal, s'il arrivait; qu'un défaut invétéré, et que l'enfant en souffrirait moins! Mais ]& te répète et te promets que bien-* tôt il ne pleurera presque plus.
Vois, je le gronde fort peu, je ne le frappe jamais , mais il me sait sans pitié pour les larmes de malices , et il n'essaye pas même ce moyen arec moi; je n'ai fait que paihâ^re et il s'est tû^ j'ai obtenu à l'instant t$e <{ue tes prières, tes menaces, lès Mu^, tes promesses plus
170 SMtfE&IC£[,
dangereuses encore^n'ayaient pu obtenir. Essaye donc de ma méâiode :
calme et fermeté^ je t'en conjure -, ù tu crains de te laisser attendrir par ses pleurs^ mets-le d^hcars au moment où il commfixu^.Tu n!aRSDras pas fait ainsi deux fm$ qu'il u'esaayera plus de tè déso]>éir; mais lors^ même qu'il se l^^ra , il faudra Le punir d'airoîr pleuré^ et c'est )U9te^ ment ce que tu Tog fajce ? Je Tais rappeler pour toit comment ma Marie i^ co^uira «vec lui -^ Ou plutôt, liouV^^ ^ cher^er toir itnême^ c'est toi qu'il a ofStmsQe^ )e ;ne veux pas empiéter ^ur t^ droits* Marie se k va , ouvrai; la ^poi^te^ et ^tle petit g^fçcffli courbé -jsur le gazon devant la maison av-ec i» air assez triste; il ^wît 4n voi^yiflÉ sa mère et iFtnt d-ai^crd à e)te« ÈnAre ,
iui dit^ette asses ù:(^iâttmifAi ce u>u
et sojk' père ^'11 ? savait dan» la çhaaaixce, lui r^adirefit sa crainte;^ mais il suivit Marie. . ^
Elle , alla ^'asseoir an siloice à sa 1^06$ l'elifant j^eltls mt i^gard furtif «ai* la table y pûint^; d'a&aiette pour Emmeriicli; poiat de ohaise pour Ëmun^ricbj i\ baissa la tête pour cacher des larmes^ qui remplirent «esr jemk. Macie is'eiforçisét de faire bonne eo^XeaaiMre « elle, se disait xien, servait k son mari dis potage au lait ^ 0, puis à elln-mâaie« : Qu[^i$l'-ee eecti^ dit pire Emmerich.
c<i . les^ regardant toi;^ deax , de quoi sagitrdiT il |an»t que tu ajes fait bien du chagrin àta mène, mon garçon ^ puiaqu'eSit ne la donne rien. £sft« nievieh baîasa ienoore f^us ht tête.
Mprie prît la pardb ^ qu'en dis-tu £iB«iericfa> iMiux-tu que je conte à
tan père ce qme tu m fait ?
173 SMirsHiCH'^
-^ Non , clière atirie/je t'en prie , je ne Teux> pai? le » savoir , diifOHs.
— Voilà un potage excellent.
Le petit garçon reprit courage, et releva .un peu là télé ; il' était sûr de sa mère, son^p^ne voulait rien savoir ; il s'approcha de là table , et dit- doueâm^it , [lapa-'f ai- bien faim/ ». r 1 / ,'' '^ ^ -'" , '
— Tantaïuieux mon enfant, c%sC liiarquoquGia te pûttes bien ; je craignais qu;e tù ne fu^es malade, quand; en revenant d^s champ»; je t'ai entendu pleurer, c'est pt^ui^quoi je t'ai mis k l'dir^ car ic^ ne^'|>érn^t pa», âiême / à uh enfant nlalade , de pleurer ainsi , -mais sij'avais su 'qtté c'était par malice, ta sais iiîen où je t'aurais mis, et q«e l'écurie est la place des enfans déraisonnables.
» i-r Papa je ne le i serai plus. *^ -r- Comme tu voudi^as- , jnt>n
COtltS SB HORilLE. 1^3
eoÊmt, 'je t'ai dit ce qni était bien, \e t'ai dit aussi le» suites du mal; c'est & toi de Toir si tu préfères' manger'du potage au lait, ou un inorceau' de pain, sec; choisis , mon garçon, j»
suisfàolié^evlemeBt çue tes sottises d'aujourdluii te privent «lu dîner que tu aimes j^j'aurais eu : gratitl plaisir à t'en donner, mais tu saia bien ^e cela ne se peut . pa».
La tête de l'eoËnit. se baissa de nouTeaw , et' -seS: yeux se mouillèrent. "Marie, gardait toujours lé silence ^ et souffrait autant que lui. ,! . , ■ .
Ce serait à ta mère k te dire' tout cela, £mmerioh,puisqae c'est elle que tu as oifénsée; inais quand un enÊtnt man<{oe à une anssi bonne mère,, il. ne. mérite pas mt'rae qu'elle lui parle. ■• ;
Jusque-là le petit écoutait son
174 BIlIlEaiCH;
père avec w» aiv repentant et fonini», TQim à ce mot il regarde Marie, s'âanee yere eUe^ prend sa main qu'il eouTrc de baiters et de krmeSj.ei loi dit en sangtotact; naisan, in«nan'> paile taoi^ ob!
parlie.moi-j je t'en priej cb's nu mot à ton Enunerich. ^.
Le coeur de Marie n'j pouTait plus teuif; et sa main 6ur les yeui elle *e leva et sortit.
Son mari la suiTit ; encellenle Marie , je Tois que ta soafîres^et je soufire avôc toi-^' mais- Micore un peu de courage^ je te le demande en grâce; û tu faiUis à présent, pense à tout ce quj en résultera pour ion eber enfant: cet enfant demnnde plus qu'an autre | peut-être d'èlre suivi, il a «n^ j intelligence si précoce; vois comme il sait déjà connaître son monde , et
COtJKS DE MORALE. Ï75
loticîier la corde sensible « dis-moi » tm mot^ mamân^ dis un inot' ^ » ton petit Emtnericîi. »
— Mar* Ah f c^était Mûa sott cœur^ son cœursetil.
— Em. Je le crois^ Marïe, mais le cœur a aussi son instinct poui^ arriver à son but ; défie-toi du tien et sounaets^ïe ' à la raison, je Yen conjure. ' '
— Tu dis bîeiï vrai , mon ami; mais que veux-tu ? je suis faite îkinsi. •
Père Emmériçli vit qu'il nV avait rien à faire avec cette fiiible mère j fl rentra de mauvaise humeur, e* reyïnt se mettre à table. Marie ne tarda pas à sentir qu'elle lui avait fait une réponse ridicule ; elle en ftit honteuse, et résolut de la réparer. Elle entra dans la ehambre , le petit ^i^çon vint sauter autour
d'elle. « Ne veux-tu pas me parler , j» maman , parle - laoi vite ^ \e t'en 9 pri« y dis - moi que tu me par- » donnes. » Marie se tut, et le repoussa doucement.
— L'ehf. Parle - moi , pardonnemoi, je veux être sage»
-' — ^Mar.. C'est ce que je veux Voir, Emmerichf avant d^ te pardonner , il faut savoir si tu le mérites , ta as été bien méchant ce matin; tu m'as fait enrager une heure entière , et tu ^eras une heure sans manger :
elle s'assit.
— r-L'ENf . Et bien . à la bonne heure; mais je v^ux être sur tes genoux tout ce temps là. Il cherchait à y monter; mais Marie l'en empêcha.
Ifous ne sommes pas encore aussi familiers que celh y Emmerich , je ne prends pas les enfipis mutins sur mes genoux. — Il alla vers sop
COtfRS DE MeRALE. I77
parrain: papa^ jet^9n prie^ est-ce bien long une heure ?
— l'as la moitié 'autant que tti le ■mérîteraîsf , ta mèïe ^t trop bonne ; mais à chaque njutinerie , elle ajoutera une heure de plus de jeûne; je t'en avertis; n'est-ce pas, Marie?
— ' Oui sans doute , dit-elle '; lùaiii !Emmêrîch veut ètï-e; sage à Favenîr.
— - Je le désire , et je Fespère , dît .
père Emmërich en se levant , je nçi demande pas mieux que de Faîmer, et de dîner avec lui. v
— ' Papa , dit Fenfant , avaj>t de sortir^ donnez-moi ma balle,, je voua en prie.
Malgré sa pénétration ' ordinaire ^ père Emnaterich' ne devina pas cette fois le motif de Fenfant , et n'y vit qga'uné ^uite . d'obstination , et lui répondit avec calme ; J^en suis fâché ^
mon enfant^ mak )q n'ai pas le temps.
— Ce aéra bientôl fait ^ donnemoi > s'il te plaU^ ma balle ; je tou- Jk*Sûs tant Vfi^^^i:' poiwr la jeter au leu.
-•AiifeBletpaor^ci?
.. ^— Parce qu^eUe e$t caii$e que je ne dîne pa&> iL £aju£ ^'eUe soît punie auESsk
—Enfant, est-ce la faute de cette Italie f.&i eUe appartient à un enfant mutin?
— Maïs pourquoi est-eile allée rouler sous rarnxoirè ?
— Pourquoi l'y as-tu jetée ? Ta paume n^a point de raison ^ eHe ne sait où eBe va ; elle * ne sentira pas que tu la bn\les; eBe ne peut pas^ , comme toi , se corriger , -et choisir le bien ou lé mal. A xes mots il sortit , et hissa le petit
garçon réfléchir sur ce qu'il tenait dWtendre.
Noujs ne dirons point si ^ de son côté , père Emmerrcb ne réfléchissait pas aussi sur la difficulté d'être toujours d:'accord en ménage ^ le plus sage des maris ^ uni à «la meilleure des femmes^ a encore d'e niauirais moment^ et la meilleure des femmes^ unie au plus sage des mai^i^^ en a peut-être encore davantage 3 mais ce qu'il y a de sûr, c'est que Tun et Tautre , sans femme ou sans mari , en auraient bien plu» encorer <^ ^
Ij80 ËMMERICH^