‹ Emmerich, cours de morale mis en actionChapitre 15 sur 25 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

^CtPAaT ET y0iT4C£.

Majlie ouvrit le eéfîrey 4sl «n tira U bel iialiit T^etf .a b'^eiises d'or, que noi» couBAtsscms d^ji ^ ei qw xepp* sait ^puk plus Ae quinze^ otis àam le coiFre ; lorsqu'i^Ue le *|iiré$euta k son mari ^ il ne put retenir un édat de rire. CoavieûS, dit-il à$ai&^me^ que je iie.pouirais scmlemetirt pa$ traverser la plaoe de ootare ^itlagie avec cet habit, «ans :étFe suivi de toute la populace y .et «ans passer p^ur un Sou; cet habit i^ petit iplus.seryii* qu'à jouer la comédie.

Il est cependant fort beau , dit

^Emmerich, qui n'avait jamais rie»

TU de pareil.

- Il me paraissait beau autrefois^ dit Marie; mais à présent je le trouve affireux- ,

U n'f st , dit père Emmerich , ni fort beau , ni affreux; maia il est passé de mode , et ne peut plus se mettreé Le sage doit^danS les chdses indifférentes, se conformer à Tusage , «t n^attirer Fattention sur lui d'atfccune manière ; s'il a Fair ridicule , «'il excite la risée, le mépris suivra bientôt , et il faut , sans être des premiei^ à rechercher la mode , être mis comme tout le monde.

C'est foÏE't bien ', chev ami f mais à présent comment ferons - nous ?

M. Jacohsen pourrait bien te prêter un habit noir; mais il est plus pejtît et plus nrince que toi.

j^ère Emmerich aurait volontiers

COURS DE MORALE,. *k%^

gardé son commode babit de bure ; tuais Marie ne lé Touhit-pas/ elle ftit emï^runter lliabît neuf du chasseur du baron. Phfe Emmeriéh devait le garder' jusqu'à la procbaine ville , où Fon devait babiller le jeuQe bomme/ et "pères Ëmtnerich par la nieme occasion. ' -

On ' partit ' dont ïe lendemain , après avoir pris ui\ tëndi^e congé de la bonne mère et de la petite.

Arrivés à là ville, ;rère Ëmmerich descendit* à la meilleure auberge , *et fit venir un tailleur et un coiffeur :

"il raconta àlTiôtè que son fik ayant dé grandes dispôsitidïis , il Voulait le placer au gymftase de B.***. L'bôte

*qui prévoyait quelques courses^ d^ellerzen au gymnase , et du gyninase* à Hellerzen , approuva beaucoup ce ^ dessein. De son côté , Thôf esise ne cessait ^ d'admirer le ^ bel ' L . 10. .

Sa6 EMUERICS,

éqolier ^ surtout k lendemain^ ^aaml elle le rit avec «on habit neuf.

. (c AIi ! xnMurae cela Tom Ta bien ^ liii . j» disait- eQe y tous Toâà plus be^u )» qu'un ange. >r Ëmmericb n'était point de cet aTÎs ^ planté derant un •fniroir ^ il avait peine À se reconnaître, tant il se. trouvait afiEreux; il ^ regrettait les Jioucles de ses cbeveux ;cbàtains y que {e perruquier avait ..impitoyablement coupés. Pour now, qui sommes impartiaux , nous dirons au lecteur qu'il était loin d'être . laid^ parce^q^ )a nature l'avait trop bien traité pour qu'il tôt au pouvoir de la nsode «Te le ^d9fi|gurer y mais . qu'il est certain qm^il avait beaucoup perdu 'à sa wétamorpbose y et qu'il . avait l'air g£né et xpuil à son aise.

^Pere £mmei»ch.éprouvait la même . cbose dans ses habits neufs, et tous

deu|; eon^i^eot ;que rbomme se

COtJ^S DE ud&ALE. 227

âonne bien de la paine , fait bien de la, dépende y et se tcmrntente fort ^ 4e tofit pour être moins bien , et se

Ik continuèrent leur royage à Ir èa^^tîtefi îoaroées ^ pour que le jeune bomme put Toir tout ce <{|u •e tirouTait aur son cbemîn ; père Ëmn^ericb ôbsCT^ait avec soin I^xb^-* pression que taa;it d'objets nonveauX iaisaient sur cette jeui^e téte^ qui ne . eonnaissait rien encore y et il ^mj^ lieu d'en être c(mtent. Soox élève pe s'étonnsât de rien y admirait peu et, Souriait quelquefois : ajant lu les anciens' arec cette attentioii q^e mettra a cette lecture tcmt jeune bomme. intelligent^ instruit par un babile instituteur # Il avait pris de grandes ideqs de ce 4|^i est grand, et œs idées 4e contribuer ept pas peu fi lui £»iri& paraître p^t çt

228 EVHERICS^

inescpiin tout ce qui sans cela aurait , ' pu Vétonner. Par enemple^ il ayait sou- Tent entendu parler arec admiration de clochers de trois ou quatre cents pieds ' dé haut ; Péglise d'HéHerzen , fort jolie d'ailleurs pour une église de Tilla'ge y n'avait point de clocher ; il n'ararit donc pu en prendre d'idées ' justes- j ^oaûh son esprit plein de jus- • tésse *, aVaît cahstilé qu'une* tour aussi haute ne pôuYctit s'élcvèr'^qu?au-des- "sus d^in Bâtiment énprme et propôrtionné'à cette mesure, et souvent il avait - pliaint , datas sa pensée , le 'ministre obligé de remjJîr une telle enceinte de sa voix: un tel édifice devait être sitiié au milieu -d'une

place immense fcn sorte que lors-

" qu'il vit les églises très-ordinaires

<de la viHe de liirtsa», avec leurs >

' cloèhers trois fois plus élevés que

le bâtiment^ il sourit de pitié ^ et 4it

COtHS^ DE MOftiWLE. S!Xg'

à son pêre^ fiaime mieux l^glide d^eHerzen^ elle B^a riea au môias qtti choque la vue ^ %t qui soit disproportionné.

Il éprouya la nrême çltose au spectacle ; il s'était représenté^ d'après les deseriptions^ de* Juste Lipse, une belle scène etf amphithéâtre arrondi^ des loges sofilenues par 4^^ piédes^ taux , ou par des statues^ et très-bien iHuœinées . un théâtre assez vaste pour faire iuusion^ et il fut très- Cj^andalisé de voir dans une capitale un si petit théâtre.^ théâtre qui passait pour être assez jolif mais qui était fort différent de ceux des Ro* mainsi

Lorsqu'il fallut juger le jeu. des

acteurs ^ 1^ tact naturel du jeune

" liomme fut ; aussi beaucoup plus

. juste que celui de kr plupart des

spectateurs ^ qui applfudissaient «t

il3o EMMÉRICff,

blâmaient emÎTanl la mode , le Ca-»

price^ la partialité , la cabale. Toute»

-ces chosét étaient tQut à £ait étrangères- au jeune Emmerich^ qui ne jugeait^ que d'après son sentiment intérieur. Les batteûx^ns de mains .e% les sifflets lui parurent aussi une façon singulière et'groasière d'expri-

-mër son plaisir et fion Marne. « Que n le ciel me préserve d'être jamais n loué parade tels ]uges> dit-il à son

' n père^ en écop^ant des l»*avos^ des » daquemens de mains assez mal

• n placés; n

Puisses, - tu aussi ^ mon Sk , dit l^ère Ëmmerich^ n'être jamais blâmé par > de meilleurs juges. Emmericb répondit àson pè^e avec une noble

; assiirance^je ferai inon possible pour

r-xi'être pas blâmé > et j'espère y parvenir. Il émit dans cet âge ou,

- lpii»qu'on a l'exalti^tlon ck la vertu ,

Tamour de Félude et de ^'occupations on croit quHl n'y a qu'à vouloir le bien arec Cerxneté^ et pn ose défier le mal moral de nous atteindre . et de nous faire déyier de nos principes^ Père Emmerick aurait préféré peut-* être une réponse plus modeste ; mais cependaiat cette noble cou-*fiance en ses propres forces ne lui déplut pas; il TOjrait avec une ex* trème satisfaction se développer chaque jo^r , dans son élève y une i9Loblesse.de caractère ^ une grandeur d'ame ^ oHie élévation dans les idée^ ^ qui lui donnait les plus fiLatteuses espérances. . U était sa^^ non parce qi^'W lui avait dit de l'être.^ magls ..parce qu'il trouvait du jplâisir à l'ètrç; il étudiait^, non pour avoir la repu- 4bationd'un savant, mais^pour l'être réellement^ Quand ils arrivèrent à B*^*, Ëmmericb avait, déjà f^ia

â3a ]^Htt£RrcâV

pendant le TOy^gè quelques Bonnes kâbitudés; il saluait du corps ^ et non pas seulemefnt de là tête et des jambes;

' il était 'accoutiïmé" à'ses vêtemens ' étroits , et ne les tirait plus en' tout

. sens pour les élargijf ; il sàviait avancer Une chaise, et sy placer jusqu'au fond ; il baisa mêtoe la main- de madame Bornwald, d^ih peu loin

' il* est' vrai ; et là' bonne datne fiit obligée d'étendre le bras pour qu'eïïe pût arriter aux lèvres du jeune homme , qui se conformait à cet usage sans le comprendre, fc On

' » croirait , disait*^ le soir à père >) Emmerick , que les mains des ï) femmes de la ville ne sont faites -» que pour être baisées, et cepen-

*» dant j'ai vu celles db ma bonne

• I) nlèfe et de madame Jacobsen

' >) faire beaucoup de choses plus

' Il faut dire la vérité , la crainte- ^être ridicule et de faire rire à ses dépens ^ rendçdt Ëtnmericli 'fori attentif à imiter tout ce qu'il Voyait faire , et à oonservet le moins de gaucïierie possible ; triais , idalgré tous ses efforts , malgré les leçons du maître à danser de la cour ^ que M. Bornwald fit venir pour lui, nous devons convenir que non*seulement il ne put. jamais faiim ua entrecliat avec grâce et avec^ précision ; mais qu'il ne prit mêm^ tout à fait une espèce de roideur philoso- Tpliique, qui nuisait à Fagrémentde sa figure ; cependant il supportais fort bien >qtt'on l'en plaisantât ^ «tt ceux même qtii le raillaient, étaîeUft bientôt forcés à restimef , et ne s'apei^ ce vaient plus de sa: gaucherie.'

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