CHAPITRE XV
XZ GOUfrCir' ET l'£XAU£JI.
Au haai,âe Irois semâmes de 'sé^uir diez M. .Bonrvirald^ père Eknmericb parla de '^awer tan îenne homme ^ta gymnase.,^ et de retoumer à Hellerzen ; mais stm ami lui donna^uflt -conseil totitàfisit ccmtraire. «Oojezr >9 moi y Im -di^il ^ Votre fils adoptif I) serait tout à iait déj^cé dans un » collège composé de jeunes gens » dont Fédueation et les manières » sont si différentes des ûennes; M que ferait*il au milieu d'eux ayee I» son innocence j la simplicité de » ses idée$ et même son savoir lui
COVKS 0S MORALE. d35
n feraîènfpdes envieux. Il résisterait
>i peut-étrç aux niauTais exemples >
w à l'attrait méine du plaisir , et il
» cédera à la crainte de passer pour
» extraordinaire ^ et d'être raillé par
y) ses camarades. Qu'est-ce que vous
» voulez qu'il pense en passant toul;
n d'un coup de la vie occupée el
)i simple du village à celle d^ua
)» collège et des< étudians dont vous
41 connaissez la mamère y leslmœuis
n et même le costûiae «straordî^
D naire ; passe tencorè si ; notre
n candide Ëmmeridli se ccintenlaît
n d'avoir des bottes bien cirées y un
» énorme ^chapeau y- et l'air mauvais
» sujet que sfe donnent ces messieurs;
)» maiè lui qui n'a pas même l'idée
jf> d'une orgie , où Ton se défie à
» qui boira le plus ; lui qui n'^
>i jamais vu une table de jeu^ qui ne
» ^t pas ce que c'est que l'affîreia
â36 VHMEArcir,
vi libertinage, songez dan9 combiea:
» d^écarU on pourra Tentraîner sans » qu'il s^en douté; il vaudrait dône 1^ mieux, k niion avis, attendre que M ses principes de yertu fussent n plus affermis, et qu'il eàt l'idée )i des dangers qyil doit éviter. Je M vou$ offre de le garder cliez moi .w jusqu'à ce qu'il soit en âge d'aller » à l'université ; il . fera des coups » particuliers ^sous le recteur du H gynmase,qui est mon intimie ami, » et: à qui je le recommanderai par- .» ticulièrement f c'est un homme }è ^excellent sous tous les rapports , j» très - insti*uit , et généralement )» estimé. On xi>e peut lui reprocher » qti'ùn peu de pédahterie , suite nar D tùrelle de sa longue carrière scho- I» lastique ^ pédant^ie que tout U »> monde lui pardonne ; elle lui doïme w mêiaôwii^f teiûted'origiQalité^sans
coûts DE litORA^E. . IkBj
if lien 0ter à son mérite. » Père £imnerick Temercia $on ami , et ^é décida à suivre son coïMieil* \
Le recteur Toulut examiner la jeune iiomme : ayant que de Tadr* mettre y Û faut que je sacke ^ dil-il^ M. le bailli^ dans quelle classe on Iç placera.
i-i-/%;<»Eir. J'espère/ M- le recteur^ que ce sera dans là vôtre.
— • LeI itEcîT. C'fest ce que nou6 fer-, rOns^ iûott^^ 6lier bàiUi | teniaiimus ^uid vùtêatU humeriy qûid ferré re^ fusent: nàm allons Téir ee qu^il sait j Éttàis le^jëtipe homme est Inexi jeunê> 6t eii gâ^Ml je n'ttimie! pas à : ôtej^ aux' régens des classe^ inférieure»
ieP écolîeM qui letu:> reiieaanent ; mais videbimus. SeuxÉ&'hùhaihie, quei e$l/ te dâ'mer QU^ragfe qu^on a' £Ûit i lati^iàmpague?- - -fp ;^t ? > î-î iiliiJM ËifvïUr boûM^]^ oUarMe^^ i^-^
-^Père Eif.Tu stje comprends pfts^ non fiH> ce que oaqn^ear te <Umande ^foire^ en terme d'école^ c'est traduira. M.. le recteur te draaande quel est le dernier auteur .que ta as traduit»
— Em^ Tacite.
— Le rect. Tacite 1 mon fib| V01I8 m'étonne; c'est un des auteurs latins. les plus difficiles à entendre; |e ne le dotidEie qu'à mes éeoUers^ les ph^ avancés ^; ^ât ^cwe )il y eu a peu qui le traduisent bien ; c'est une excellente épreuve ^our connaîtra ^es lK>ns Utwistesj ptaiç^fil;!^ yaut nsîest pbuc af^êndrei Qu'osl^ce qu'on iJ^fitaranÎT^^ite? ': ^
. '— EiK* JW bearfctiup In jdwd^ Ci- 4oéronyM«fle reete^^. . .
', "T- Le. MiCT. iDaiis<€ie^HH»i>)eiuie homme ! £)i que Tient-^^t^rdoM^c faire ici . s> iW'ftliD Giêwon? m^ ALiis eailn
tieus allons toir^ car je doute eiicor^«
Tenez^ voiU ixa Tacite sans poni aujsi
Miles ; c'e&t . ainsi qae j'appelle let
Commentaires \ faites-moi un de cet
çhtipitres*
• — i- £m. Monsieur ^ <;;ela ne m'est
pas possible.
ï^e recteur seêoua la tête d'un air tripmpliant..
— Père En, Mais ne t'ai- je pas dit q^ ffUre voulait dif e traduire. Il a cru^ monsieur ^ que yous iuldeman* die2^ de compose^ un chapitre sem- Jdahle*
^r^'Eiii. àh\ c'est, antre chose. Il prit Je livre; ^, et traduisit à livre x>uvert .un chapitre . de .Tai^ite , npor seulement dvee une exactitude p«M> faite ; mais avec la précision ^ la concision et la fbroe^.f ui distii^uent 4:et histptrien; Le rec^]V;.^q:ui étail^ Tj^i^ld|le^«nt x^oi^j^ôsseur^ fut tires-
étonné. Jeune liomme ^ dit^il ^ où a*t-on étudié? Emmerich ne comprit rien À cette ^estion^ et regarda son jpère..
~- Père Em. h n'a encore été â auctine école ^ U n'edt pas sorti de chez xp^oi.
— Lb hbct. Est-îl possiUe î II a donc eu un instituteur particulier très-instruît.
-"-HIm. Je n'ai jamais eu d'autre maître que mon père.
— Lerbct. Est-il possible ! Etsai^ on aussi le grec ?
-^ EmJ Pas autant que je l'aurais désiré j je puis bien entendre un auteur grec j maïs il me serait difficile, par exemple, de mettre Tacite en grec.
--^ Le rect. Je le crois bien ; mail Icëjà n'est ^as liécëssait^ y il s'agit sèi4êiiielft d'eixt^ndrè assez liiea le
COir&S DE MaRALE. %^l
grec pour entrer dans Te^rit de l'auteur qu'on lit. J'ai là. Homère , voyons comme on le lira.
Enunerick ouvrit le livre au hasard , et tomba sur la fin du troisième chant de l'Iliade ^ où Venus y après avoii* sauvé le beau et fade Pâris^ avec bien de la peine j des mains de Ménélas. le mène dans une alcôve parfumée^. y introduit Hélène; et la déesse , SÎle de Jupitex , qui n^est pas plus S9^e que la mortelle^ ont un singulier entretien, etc.^ etc.
Le jeune homme lut cet étrange morceau , que les homéristes ne re-»
gardent pas comme le plus mauvais du poème ; il le lut, dis-je , avec * innocence et simplicité , donnant le nom propre à chaque épithète, et ne songeant pas à s'écarter du texte* .. ^
Âme de mon am^ ! s'écria le