‹ Emmerich, cours de morale mis en actionChapitre 17 sur 25 · L II · texte numérisé non relu

L II

^4^ ÊMMKRICU,

recteur^ ^n se jetant dans les bras du baîUi y que je. vous félieite de l'excellente éducation qae tous ayez donnée à "rotre fils;)€ fe TOÎa> tous ayez institât soii e^rit sons que la pureté de son cœur en soit altérée.

HeureuiiL père ! beareux fil&l Mais je TOUS en prÎ9 , mon dker ^ bailli , apprenez • moi votre secret pour l'aroir avance à œ point.

--^ Père £m. Mon umque secret est de n'avoir pas perdu un seal moment depuis dix sens ; j^aittais à etueignor y et il aimait à apprendre; nous n'avions rien^ autre chose • à . faire ; et j^ si j'en avaisr su. davantage ^ il serait encore plus . instruit ; dans Ijss dertitéres années^ ^e lui ai îsit étudier un peu d'histoire^ la géographie, la logique , les élémens d'histoire naturelle , tout ce que je sayais de iaathé;{a^tiques ; mats Sûrtoot j'ai

cherché à lui apprendre à faire usage de sa raison.

— Le rect» Mais^ mon cher bailli^ qu'est-ce doue que vous voulez qu'il apprenne chez moi /si vous lui avez déjà tout appris? J'ai envoyé de ce coUége-^i aux universités une foule d'écoliers qui n'en savaient pas, à beaucoup prés , mutant que lui , et qui se croyaient de petits professeurs.

— PèreFiM. Mais mon fils n'a pa& Tâge qu'il faut pour y entrer; d'ailleurs soyez sûr qu'il a beaucoup encore à apprendre. Cher recteur, l'homme est toujours homme , il peut être fort grand pour son âge. , avoir la taille d'un homme fait, et n'être encore qu'un enfant; de mênie il ^ peut être instruit , et se conduire à d'autres égards comme un enfan t. J'ai dans mes écuries un

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poulaio de trois ans , qui paraît être déjà un beau cheTal bien dressé , et qui ne Test point encore j je lui mets tous les jours un licol , une bride; je le fais promener^ je l'accoutume aux diiférens objets qu^ii doit rencontrer^ mais on ne pourra le monter arec agrément et sûreté que d^s sa qualrième année; un £ruit^ sans être mûr encore^ peut se manger cependant^ lorsqu'il a cuit long - tchnps avec du ^ sucre ; mais laissezJe venir à son point de matu* rite, et vous lé trpuv'erez excellent^ sans vous donner autant de peine.

Il en est ainsi de l'homme ^ ni sa taille y ni son savoir ne sont une preuve de la maturité de sa tête et de saraispn. Ne voulez -vous jias continuer l'examen ? .

Le recteur l'interrogea sur la géographie ^ sur l'histoire de son pays ,

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ensuite sur la logique et la rhétorique; il lui fît faire tous les syHo* gismes d'usage ^ et il en fut tressa tis⁢ de là il passa à la métapliy«sique^ dont le jeune homme se tira tout aussi bien par des réponses justes^ claires et précises.

L'enchantemAit du recteur croissait à chaque instantj « Je Toi»;:

» dit-il^ cher bailli^ ^^^^ pour cette, » partie-^ vous avez fsdt un grand » Usage de Tanalyse , et c'est la» » seule et bonne manière de traiter » la métaphysique /de se faire com- » prendre , et d'être un bon méta- » physicien^ et non pas un sophiste.

» Notre jeuile homme ira très-^loin y » a)Outa-t-il en baissant la voix , et » î'en suis satisfait sur tous les » points.»'

11 envoya alors chercher Y album du collège ; ou le livre sur lequel

tous les écoliers . étaieiit inscrits , û Couvrit et prit la plume. •— Pensci-y oependant encore , cKer bailli y ditr-il j cfu^est*ce que )e pu» apprendre à votre fils? Les leçons que }6 donne attx autres écoliers ^ lui paraîtront insipides. Pense»-y bien?

-^Cher et bon ami , répondit père Ëmmericli, plus fy pense, et plus je persiste à vous confier mon fils; apprene:^lm k être sage et encelient comme vous; à connaît ro^ le monde et les hommes j dirigez •* le dans le choix de ses lectures et la suite de •es études. Avez ««tous de jeunes pensionnaires, des disciples à qui vous fassiez répéter des leçons hors des cours? pernuettez à Ëmmerich d'y assister , et de vous aider ^ recevez-le chez vous avec amitié ; et , quand vous y rassemblerez de tos amis, permettez - lui d'y être et de

lfi& 4ooiit.€t?. ^ornwal4 hn fora conn naître la noblejs^e ^t le» x^go4^ion^ i çt cihez Ti)u^ U TiBiwa ^i^s ^n^ de lettres,;, it .appreîidi:^ aln^ à Tivr«

avec tout le monde. Vous voyto, cher r^ctèiir^ qu'iItYQus.iPf^te encore bien des choses jfc lui en^câgi^riHiai^ permette2-Iui à% vous Toir beauçQU|p^ ei bieni)ôt U sentira > I0 priii. de la Tertu et d'une bonn^ WQÎéké^SQj^tr »àr que B10 ifeoantaail&satfti^^.^,;. ^--

** Je vûaiftfirréte la , mon oker^ dit le recteur en lui tendant» k jsmin^, et ne irous deviande qua votre. aini-^ tië. Dans ma longue c^trièi*e dd l'ecr teur de collège , je n'w pafi en^or^ rencontré un 6nji@t au^sii di^ingué ^ et qui'proûèHe autant que i^Qtre fîU ; aussi je sens que je 91'aita-^ obérai beauoonp^lui, JeuPQ^l^omme^ de ce moment vous pouireKt^gardor ma maison comme celle de votr^

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père ; on Ta vons inscrire ici- — Quel est yotre nom?

EmmericbVougit beaucoup. Je...^ »

)e m'appelle . . • . • Emmerich ^ dit-il eiifin.

-^-^ Le msct. Je le sais bien ; mais Totre prénom^ Totre nom de baptême.

— £m. embarrassé. Je n'ai point d'autre-nom qu'Emmerich. .

*— Le rect. Aîi ! ab I c'pst] singu-^ lier ! Je Tais donc tous inscrire Emmericus , Emmerich^ .

~Em. Emmerich seulement, je Tousen prie, M. le recteur, je n'ai pas d'autre ^nom.

— Père Enf. C'est Trai, mon cber recteur ; c'est une fantaisie de ma part , une singularité -, mais il n'a point d'autre nom. Ecriyez seulement , s'il TOUS plaît , Emmericb d'Hellerzen. .

COT7RS d£ morale, ^49

— LtE ii£CT. Singulier , très-^siagu* lier ! il y a quelques milliers* dfli nocfis dans ce livre ^ et pas un qui n'ait au moins deux prénoms; il y en a qui en ont jusqu'à six. — Allons^ tout est singulier dans ce jeune honime.

— - JPère -Em. Plus que vous ne pensez ; il n'a qu'un nom^ et il a été baptisé deux fois suivant toute apparence.

— • Le Vect. Deux fbîls^; mais c'est étonnant/]e ne puis comprendre.

— Père Em. Cher recteur , il y a une quantité de gens qui vif ent et meurent sansi qu'il leur arrive rien d'extraordinaire , et d'autres qui semblent destinés aux choses singulières. Les aventures dé mon Emmericb ont commencé avec <$a naissance; et cependant , depuis le moment oà * le ciel me l'a donnée je ne l'ai jamais L II»»

quitté. Cher recteur ^ tous seras assez son ami^ î'espère^ pour avoir un jour le mot de ces énigmes.

Le recteur . sans £aiire . d'autres questions^ Tassura qu'il était défà leur ami. Bornwsdd fit apporter une petite collation^ ces trois aimables vieillards et le jeune homme s'assirent autour d'une table y où nous pouvons assurer que Socrate n'eut pas été déplacé.

COURS i)« MORAtr^ aSt

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