‹ Emmerich, cours de morale mis en actionChapitre 3 sur 25 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

. tN BA.RON ET UN HONNÊTE HOMME.

Soit que madame Schwégërus eût accoutumé son cker époux à la con-»

tradiction , soit que le départ de Venfaut le consolât de celui du guide^.

fioit qu'il jouit d'avc^ce du doux sommeil qu'il allaij;. retrouTer dans 6a Toiture, il esrt sûr que le surin«tendant prit son mal en patience 5 îl se tut dès qu'il eut perdu Nicolas cle vue , et tint conseil arec son domestique sur ce qu'il y avait de mieux à faire. Celui-ci qui , avant 4'étre laquais du surintendant , était

CÔUM DE MORALE. 9^

garçon tailleur ^ et n'avait dç sa vie conduit^ ni monté un cheval^ était assez d'avis d'attendre ^ saii^ bouger de place ^ le retour de Nicolas j mais il se rendit à la sage réflexion 4c son maître , sur le risque qu'ils couraient de manquer le* dîner qui les attendait y et lui prc^pyo^de le conduire^ en marchant à côté du cheval de devant ^ et le tenant par la bride. La douceur de cette allure tenta Monseigneur^ il y consentit, remonta dans son carrosse y j reprit la même attitude que Nicolas avait derangée^ etfut bientôt si bien endormi, que y sans les deux loms^qu'il avait de moins dans sa bourse y il aurait pu jurer à . soni réveil , que toute cette histoire d.'enfant trouvé n'était qu'un songe ; mais l'absenpe de ces deux témoins était une preuve irrécusable de la tri&te vérité. I^aissons*l#

3o mUMZKtCMy

cheminer., et reioarnons à notre ami JNicoIas.

Il allait assez doucement aussi , pour ne pas trc^ secouer sa petite charge ^ lors^'à la sortie du bois ^ il rencontra son Seigneur / le. jeune baron dllellei^n , qui. aflait à la chasse y;«9^e son chien ^ &ùn pîqoeur , et son valet- de - chambre favori j^ M. Gaspatd , malin drôle, s^l en fût jamais. Le baron était familier avec tous les paysans de sa terte y il les connaissait tous par leur .nom ^ et a^amusait à les faire causer. Que portes<^tu là si poiatin^ Nicolasy dit-il au jeune homme 7

■'^ Ma foi f notre Seigneur ^ c'est un petit enfant y que je viens de trouver là dans le bois; voyes comme il est gentil.

— Diable . tu as fait là une belle trouvaille; et qu'en veux-tu faire?

COVÎiS DE 3fORAl.E. 3l

-*» Vous le donner , Moasei* gneur^ TOUS ^i âTez de quoi le nourrir ; je suis sûr qu*avec le tempg^ TOUS aurez là un bon chas^ $eur ; je vais le porter au château , n*est-oe pa» ?

Garde-t-cn bien; tu voi» combien J'ai déjà de bouches à nourrir ? el il montrait de la main sa meute.

Pauvre Nicolas , tu as commence là une mauvaise journée, tu as fait lever un triste gibier.— J^espère être plus heureux. Il éclata de rire , fit plaquer son fouet, et partit au galop, pendant que Nicolas indigné levait les yeux au ciel, serrait le panier contre son cœur , et se félicitait que ce cœur ne fût pats celui d'im prélat ou d'un baron.

Il continua son chemin, et fut bientôt au village. Sur un banc , devant la porte de sa cabane , était

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déjà assis le père Emmericli ; il portait des regards attendris et contens autour de lui, sur les prés, sur les arbres en fleurs , sur les champs qui promettaient la plus belle moisson ; ensuite il levait les yeux au ciel avec une expression d'amour et de reconnaissance poiir le créateur* Bientôt il commença à cbanter tout doucement lin cantique d'action de grâces au créateur , qui finissait par cette stropbe :

Sublime auteur cle la nature , Toi qui nous comble de bienfaits ; X>ieu, permets à la créature D'imiter le bien que tu fais.

Nicolas y qui était descendu de son cheval ^ et qui l'attachait à la porte de l'écurie , placée de manière qu'Emmerich ne pouvait le

'Toir^eatéadit ce dernier vers, et s'avança en tenant sa corbeilLé.

;, Bonjour, T^èreEmmerich, je suis bien content de vous trouver là si matin , j'ai un conseil à vous de^ •mander» ; ,

— rP^rlé , içon enfant j de quoi s'agU-iU ;:

. r— De Iç^ pauvjte petit, 7?ère Emme^ rich, que je viens de trouver là^ au milieu dtibois, en conduisant Mon^ teign^ur. le surintendant^ qu'est-ca que- . içQrts : me conseiller ; d'en faire ?

Primo <, d'aliord , je ne vçux pas Ifabandonner ^f jç peajsais» le. -porter chez la mèr^ d'Ann^ttie:, et puis, à la Sair^t-Miche} ., que nous, devons xious marier , s'il, plait a Dieu , B^ous l'aurions pri^ .triiez noiiis. J'y allais tout fin droit ; mais ^ quand je., vous ai vu dje . loin , je me ^uis dit , allpns consulier le pkre

JL« 2 • t.

34 eumerich;:

Ëmmerich , tu t^en es toujoiârs- bien trouvé. ^ •

Pendant ^'il parlait ,- le bon Ëmmerich souriait a l'enfant , et caressait de la jnain sa petite joud ronde. Tu as bien fait de t'arrêter ici , dit^^il à Nièolas ^ «t /e t'en refîner cie;îe garderai ce petit innocent près de moi , je Féleter^i du mieux qu'il me sera p^s^ible ^ ^et ^ si je meurs > ce sera ton héritage | il sei^ bien ave^ toi *et ton Annette ; mais ta fotui^ belle*mère n^st pas €e qu'il (kw kc^ enfant ^ éAe % i'hi;mekir mi peu ^ngu* lî'èrè , :ella eroit auiL s^ciers ^ auié j^vèdatas; nùn ; ce «^iwit paè ^ qu'il fotit. — Je le remercia , Nicolas > d'âVôîr^fensé Àjmèik

*•— Que le ciel è<i soit toué> di# fti'onaiéte pay«àhî t^e^i lui ijui m'« donné cette bonhe pensée. A présent ^e 70^ iiiOB ^it en sûreté ^ H fa^t

COURS DE HOKALE. 35

içiie j'aille vite rejoindre MoBseî-^ gneur le surintendant^ et mes cheyaixx. Bonjour , père Emmericli , adieu mon heureux petit; il serra la main du bon Tieillard , donna deux baisers à f enfent , et remonta sfur sÀ bête.'— A propos /dit-il, j'oubliais....-; 'Je ne vous îe donne pas tout à fait sans rîen^ ati moins , tous aurez quel* que argent pour commencer ; chercbezseuîementdansles langes. Adieu> |e suis preissé; et il partit au galop.

-Il arriva près de la voiture, précî*^ èément à temps pour empêcher un tour pènHfîde que le* baron Toulaît jouer àû 'prélat.

n l'avait rencontré ronflant dans iiai voiture /Ut piteusement conduit avèi; trofe dhevàiii y par ^on domcs^i»

tique y k pied ; il s'approcha de clé dernier , apprit la triste hiiStoire ; et lui' offrit èo<i vdet-de-chambre poitf

iïoiiduire en postillon. Le dbomes^ li^e du prélat , enchanté de remonter sur son siége^ l'aecepta ^ et remercia beaucoup sa seigneurie.

jGr^spard^ dit à haute voix le baron à son valet- de-çhambre , montez ce cheval , et conduisez mon ami.Sçhyr égérus^ co;mme vous savez conduirç^; grand train ^ entendez- vous? ««.Bien doucement , M. le baron ^ &'ir vous . plaît ^ mon maître aime 4 aller douqçment et à dormir en ypiture. * - :

, .—Fort bien. Gaspard? aUez do.Un cernent, ne réyeiUez pas mop boii ami Schwégérusj et, s'approchant de son oreille , je te donne un ducat, lui dit-il, si tu le renyersjB^ jLU milieu de la mare cj^i a^e trquye à la sortie du bois, i:

, Lf^, malin Gaspard répondit , \^ ducat est à moi^ fit clacjuer so&

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fouet , de :joîe^ d'avoir à la fois un ducat et une malice à faire ; et serait parti au grand trot pour être plus Tite à la mare^ si^ de son siège, le laquais«*tailleur ne lui avait pas crié contînuejlejxient : a Doucement ^ » doucement ^ M* le valçt - de- ^ chaml>re,.n^ réYçillezpas.Monsei« >^ gneuv; il n'y^fieiit pas^bon quand » on le réveille. ^ Ils s'approchaient cependant de la fatale mare , lorsque le bon ange de M. Scbwégérus fit arriver Nicolas comme un éclair; le baron avait voulu l'arrêter , et le questionner sur IVnfant^ mais cela même , et cette obligeance de prêter son valet-de-cbambre , obligeance qui n'était pas dans son caractère^ donnèrent des soupçons à Nicolas ; il dit à son Seigneur : a Demain , » M. le baron , j'irai vous conter » tout cela, n A. ce mot , il partit

la voir et l'entendre , lorsque son mari revenait de ses tournées; elle exigeait impérieusement qu'il lui rendît un compte exact de ses actions, de ses pensées^ et surtout de sa dépense, jusqu'à la moindre bagatelle; jamais aucune chambre des comptes ne fut plus sévère envers ses fonctionnaires. . . ; :

La scène tragi - comique qui suivit le récit de la rencontre de l'enfant^ et des deux loùis glissés ; dans « ae^ Is^nge»^ fut si .plaisante, que; ci'^W^ nvee gFahdIpeîne qu^! je résiste , k la démangeaison de l'écrira. ^ ; no^jl^ peut-être rencotf trqrons-juoUs mQOvei M. Schwégérus dans le coiurant de cette histoire,, et pour le moment ^ je vjais retoujcuer^à la cabane du.

bon: père Emntencb* ,0n lui donnfiiit^ ce . surnom an village , parc^ qu'il* ^tait eu effet le père de touç jle$

malheureuse^ et que sa Bgure calme , noble, imposante, et ses beaux cheveux blanchis avant Tâge , inspiraient le même genre de respect que Ton a pour la vieillessç. Père Emmerîch en était loin encore , il n'avait que quarante-cinq ans ; heureux époux d'une femme plus jeune que lui de dix années, qui se nommait Marie,, et qui était aussi bonne, aussi bienfaisante que lut; il avait eu , durant quatorze ans de la plus douce union , jusqu'à cinq enfans ; mais il les avait tous per»> dus.

Dès. que Nicolas se fut éloigné , père Emmerich rentra chez lui avec le panier , et le sourire du bonheur sur les lèvres. Tiens , Marie , dit-il à sa femme , je t'apporte un joli présent^ qui va te faire plaisir. Vois comme Dieu est bon , au moment

même où je Jui demandais d^étrc Utile à l'un de me» semblables y h m*fen envoie l'occasion-

— • Mais qu'est-ce que tu yeux dire ^ cher Emmericb; qu'est-ce qu'il y a là dedans?

— Regarde toi-même , mon amie ^ tu vas être bien étonnée*

Marie s'avança. Ah mon Dieu î s'écria - 1 • elle > un enfant ! A qui cst-il ? et comment se trouve-l-il là ?

— Je Fignore; mais c'est vraiment un très-bel enfant. Chère Marie ^ il nous consolera de ceux que nous avons perdus ; mais que dis -je , consoler y nous le sommes déjà depuis long-temps; ne savons-nous pas que Dieu ne veut rien que pour nôtre plus grand bien ^ et qu'il f ai\t se soumettre à , sa volonté j du moins cet enfant réparera notre perte-

coVêls de xo'raik/ 43

Marie nWait pas cessé de le regarder avec l'air du plus grand intérêt; elle aurait touIu lui sourire; mais elle ne le pouvait pas; il lui était venu dans la pensée ^ que le dernier enfant qu'elle . avait perdu , était précisément à cet &ge ; il mou-* rut quelques semaines après sa nais*»

sance y et eetté pensée occupait entièrement son cœur. Pauvre Marie!

elle était loin d'être consolée ^ et de pouvoir parler de ses enfans, ou même d'y penser avec le même calme que son *mari., Marie cherchait tou-* jours à cacher sa faiblesse matera selle à Emmeriofa , et c^était le seul secret qu'elle eût pour lui ; mais y depuis quatorze ans qu'il vivait avec elle y il avait si bien l'habitude de lire dans son ame , que rien de ce qui s'y passait , ne pouvait lui échapper. Avec quels délices il

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trourait / dans cette ame pure et simple^ les sentimens les plus nobles et les plus touchans^ toutes les Tertus qui font de la fepime qui les possède , un être vraiment céleste 1 Marje était la plus douce , la plus bienfaisante^ la plus vertueuse^ la plus excellente des femmes; et de plus , Marie avait le cœur^ le plus aimant ^ le plus sensible^ un vrai cœur d'épouse et de mère.

Pour ne pas affliger son époux , elle.ehercbait donc à lui cacher le»

larmes qui remplissaient ses yeux; et, ne pouvant venir à bout de les renvoyer sur sou cœur, elle se baissa fi«tr l'enfant comme poxu* le caresser. Ëmmerich vit parfaitement ce qui se passait en elle ^ et voulut la forcer de lui ouvrir ce cœur déchiré ; luimême n'avait rien de caché pour elle, pas même ce qui pouvait l'afiliger;

il savait par expérience qu'une peine partagée avec ce qu'bii aime, devient presqii'un bonheur. Lorsque Marie avait quelque léger tort , Emmericb , au lieu de la blâmer , ou de la reprendre avec aigreur, raisonnait doucement et tendrement avec elle , et ne nlanquait jamais dç la ramener a son opinion ir

Aurions-nous pensé, dit-il alors , sans paraître s'apercevoir de Fattendrissement de son épouse; aurionsnous pensé , lorsque nous perdîmes nôtre pauvre petit cadet, que nous reverrions ici sa parfaite image , qu'il nous serait rendu. Comme Dieu est bon, Marie, même lorsqu'il nous éprouve. En disant cela, il s'approclia d'elle , passa un bras autour de son cou , et l'oblige^ ainsi à se yelever.

Les pleurs de Marie coulèrent

46 felIMERICS^

alors sur ses joues , et s'appuyant sur l'épaule de son luari : pardonne À ta pauvre Marie , lui dit-elle , elle j:i'est pas aussi forte que toî.

Tu m'effraies ^ chèrfi Marie j je compreiids et j'excuse un attendris^ sèment causé par un cruel souvenir; mais je te croyais ' plus soumise à la Tolonté' de Dieu^ plus convaincue qu'il ne veut , <ju'il ne permet rien ^ue pour le plus grand bien de ses créatures : Àl nous avait donné des «enfans^ il nous les a repris pour les rendre bien plus beureux qu'ils n'auraient jamais pu l'être ici bas.

Tu avais mis au moùde des êtres mortels ; un peu plutôt ^ un peu plutard^ tes enfans devaient mourir:

es-tu fâcbée qu'ils nous ayent dé^ yancés dans le séjour de la félicité ?

Pense à ton fils aîné , Marie , k cet aimable çt malheureux enfant^ qui

COURS Dfl IfOAAlE. ^ 4?

t'a eoûté tant de larmes I Tu sais qu'il ne pouyalt pas guérir du mal dont il était atteint ^ voudrais- ta donc à ^ présent ^ bonne Marie y le Toir étendu sur un lit de douleur, maudissant peut-être son existence ^ et désirant cette mort que tu lui envies. \

— Âhl du moins, dit Marie, du moins je le soignerais; ma tândres$|8 saurait adoucir ses maux.

«^ Et les augmenter aussi j combien de fois ai-je vu ce ^pauvre enfant étouffer un cri de douleur , parce qu'il voyait une larme couler sur ta joue; il souffrait doublement alors, et de son mal ^ de ta peine. Hi^ moi, bocm^ Maria, n'aimes- tu pas mieux qu'il ne souffre plus?

Ëmmerich savait fort bien qu^ cbacuiie de ses paroles était comme nv coi^ de poignard dans le coeur

de Marie; mais il était dans son système de lui donner e,e moment de peine ^ pour lui en épargner beaucoup dans la suite 5 il croyait que la douleur est comme une laine tranchante qui s'émousse avec le temps, et finit par ne pouvoir plus faire que de légères - blessures; il aspirait à voir sa femme parler des enfans qu'elle avait p^r^ dus, avec le calme dont elle parlait de son père et de sa mère , qu'elle avait aussi perdus , et vivement regrettés. N'ayant aucun motif de cacher à son ioiari cette affliction, elle s'y était entièrement livrée, et bientôt -elle s'était adoucie. Emmarich la voyait avec peine chercher au contraire à concentrer au fond ' de son cœur sa profonde douleur sur la mort de leurs enfans, et cette jiouleur n'ayant jamaisd^essor , restait

COURS 0I& BrORAtE. . 4^

$a même point ^ et troublait sa vie , ^ qui pouyail encore être si douce et si heureuse. €'était donc afin d'exciter sa douleur , qu'il lui faisait le tableau d'un des temps les plus douloureux de leur rie^dela maladie et de la mort de leur fils aîné qu'ils n'avaient perdu que depuis un»

année. Oui, Marie, continua-t-il , ton'^s souffrait plus de ton chagrin:

que de son mal ; je ne ci:ois pas t'avoir conté ce qu'il me dit la veille de sa mort : tu sortis un instant , je m'assis à côté de son lit , à la place que tu venais de quitter, ses yeux à demi-éteints^ te suivirent : dès que tu eus fermé la porte , il pressa fai-^« blement ma main. « O mon père , >y me dit-il, cela me soulage que ma.

» mère sorte un moment, je souffre M tant, et je n'ose me plaindre de-.

» vant elle. »

— Pourquoi, mon fils? N^ $ais-ti& pas que le cœur de ta mère partage tes douleurs.

-r- fi Héias ! à chaque plainte qui » m'échappe, je Tois son visage se ~ 5f troubler , et ses jeux se remplir M de larmes ; cela me fait bien plus >> de peine que. mes souffrances :

» quand je ne me plains pas, elle >f me croit mieux, et ^e la vois tout » de suite plus tranquille. »I1 joignit alors ses petites mains, si maigres et sv faibles , et ajouta : ff Je demande » sans cesse à Dieu la force de p> cacher à ma mère ce que je >> souffre; il me Faccorde souvent,.

» mais je ne le puis pas toujours 55

Marie, cet excellent enfant expira le lendemain : le lendemain cet ange cessa de souf&ir et de se con-* traindre.

Marie fondait en larmes Et

COURS DE MORAtiE. Si

tu ne Teux pas^ disait-elle d'une Toix élottfFée j que je pleure toute ma vie un enfant capaJble à àovte ans, d'une ^le force. d'ame y et par aUa* cliement pour moi.

— Je l'admirais aussi. Mais you»

drais*-tu qu'il fut encore dans; le cas d'en faire usage ?

Marie fit signe de la tête que non.

— Mais les autres^ dit-elle après un moment de àlence ? Mon cher Christian y Charles ^ mes deux filles^ • / ; • ., ils ne souffraient pas , il» étaient pleins de vie et de forces^^ et les voir mourir ainsi tous les uns après les autres Ses sanglots redoublèrent.

-•- Dieu les a appelés , chère amie ; il sait mieux que nous ce qui leut* convenait. C'est dans sa grâce peutêtre qu'il nous les a ôtés. Mais n'en parrons plus, Marie, je suis loin de

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voulorr te faire un reproche de ton amitié pour eux ^ tu sais si je les aimais moi-même. A ces mots il l'embrassa tendrement ,■ et leurs larmes se confondirent.

• Celles dé Marie coulèrent avec inoiris d'amertume^ et bientôt même elles cessèrent ; les caresses de son cbeir Emmeri obèses sages réflexions^ et l'intérêt que lui inspirait 'l'enfant abandonné ^ la calmèrent par degrés ; elle voulut savoir de qui son mari tenait cet enfant , où on l'avait trouvé; elle s'attendrit sur le bon cœur de Nicolas, et l'attendit avec impatience pour apprendre de lui tous les détails de son aventure.

Elle s'étonna ensuite de ce que Tenfant ne s'était pas réveillé pen^ aant tout .ce temps là ; elle s'en Wroçba avec inquiétude, il dor- ^^*t en<îore, sa douce respiration

COVUS DE MORALE. 53

et les roses de ses joues là tranquil*-^ Usèrent:

Sûrement^ lui dit son mûri, on lui a donné quelque somnifère avant/ de Fexposer j fiais - lui respirer du TÎnaigre. .

54 CMHERICa^

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