HISTOIRE BU PÈRE EMMERJCH
Je suis sûr que la plupart de mes lecteurs y après avoir lu le chapitre précédent, désirent que je leur donne dans celui-ci quelques détails sur la vie du phre Emmericli. A ses sentimens nobles et délicats, à sa manière de s'énoncer, ils soupçonnent sans ' doute que ce n'était point un simple paysan, ainsi que ses habits, sa demeure , et ses occupations semblaient Tindiquer. Ils se trompent cependant , Emmerich était réellement paysan , ses ancêtres avaient tous été d'honnêtes laboureurs,* mais de»
circonstances^ que nous allons raconter aussi brièvement qu'il nous sera possible , avaient concouru k l'instruction d'Emmerich.
Son grand-père était un riche agriculteur des environs de Magdebourg; il avait pinq fils. Il éleva les quatre aines dans son état • maïs le cadet annonçait de bonne heure une intelligence et des talem extraordinaires; son père eut la vanité de.
lui donner un autre état; il l'envoya à Tuniversité de Magdebourg , avec l'espoir qu'il deviendrai ta son choix , et suivant ^s dispositions^ avocat ou ministre.
Le jeune étudiant fit en *ffet des progrès rapides dans tdutes les sciences qu'on lui enseignait; mais c'était presque malgré lui; il préférait mille fois le séjour de la campagne et la vie d'un, agricul^teur à
^^ ISMMEIIICH^
celle d^ttn homme lettré ; il s'instruisijiit cependant pour obéir à son père , et parce que Tétude lui donnait peu de peine et beaucoup de plaisir j mais il se promettait bien ^ s'il était jamais son maître ^ de retourner paisiblement à sa charrue ^ et de ne se servir de sa science cjue commô d'un délassement agréable après ses travaux champêtres ^ il s'affermissait dans ses projets pendant les vacances qu'il passait au village « Là^ tout y était conforme à ses goûts simples et tranquilles; et les plaisanteries de ses anciens camarades^ qui ne l'ap* pelaient que le savant , le confirmaient encolle dans ces dispositions.
Cependant son père^ qu^ ne vou«lait perdre ni ses avances^ ni les talens de son fils ^ persistait dans ses projets; il l'envoya à l'université de Halls j OÙ le célèbre Wolf enseignait
adors. Sous ce grand homme , trop tôt oublié y le génie du jeune étudiant se déTeloppa d'une manière extraordinaire i il devint très-habile dans les mathématiques et dans toutes les science^ exactes : il étudia aussi la médecine / pour laquelle , après Tagriculture , il avait le goût le plus décidé , et la théologie ^ quoiqu'il rie voulât pas être ecclésiastique ; mais ces deux études entraient dans ses projets^ et le mettaient à piême d'être utile à la campagne. Enfin ^ il f^ussit si biSn en tout genre y qu'il aurait surpassé de bien loin les espérances de son, père y si les siennes n'avaient pas eu un autre but. Cependant il était encore à l'université^ lorsque son père mourui ; libre alors de suivre son gbût^ il quitta les études ^ vint dani^ le pàys^ de Brunswich , s'y maria^-^ I. • - 3» * /
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acheta de son patrimoine une ferme qu'il fit valoir avec succès , et n'employa les connaissances qu'il avait acquises ^ qu'au soulagement de ses voisins et à l'instruction de ses fils.
n en avait quatre y un seul lut :ressemblait pour le génie et le goût de la vie agricole, et c'était notre père Emmerich; ses trois frères se dispersèrent. Resté seul à la maison*, son père réunit sur lui tous ses soins, lui enseigna tout ce .^u'â ^vait, ^ n'affaiblit pas son penchant, porar l'état de cultivateur.; leur Virgile . en poche , ils allaient ensemble Ira-* irailler aux champs , et se délassaient ensuite en lisant sous un arbre.
Ëmmerich avait vîngt^ciliq ans quand il perdit ce bon pèi^; son frère aîné revint à la maison y ik
e pouvaient se convenir^ et ils %%
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séparèrent. Emmerich afferma > pour son comple , mie !«5^re vofeine ; «*y étaMit ^ et continua à partager son tetnps entre F^tude et lé traTaîl.
Il y joignit un^ ecctipaplion Inea intéressante , qui le rendit le plus beureut des hommes; îl se fit insti* tateur deia fille dn ministre de la paroisse. Cette aimable éniknt arait les plus heureuses dispositions , et son père , étant três-pâUTre et très* occupé-, né pouTait les développer.
Emmericli s^en chargea , s'attacha tous les jours dayantage à [sa jolie écolière. Marie chérissait son niaître j au bout de cinq ans il Tépôusa; il en avait alors trente , et Marie vingt* Pendant quelques années il fut le plus heureux des hommes; mais quel homnve est toujours heureux!
Le bail de sa ferme était échu , îl voulait le renouveler: son frère,
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enTieux de ses succès ^ et désiraM depuis long-temps * réunir les deux fermes ', en offrit un tel prix, au propriétaire y qu'il fut impossible à Emmerich de eoncourir avec lui; ijlfut donc obligé de quitter ce séjour^ où il aTait été si. heureux y et voulut s^éloigner tout à fait , pour ne pas être tenté de reprocher à son frère son mauvais procédé. Il vîat alors dans une autre partie de l'Allemagne, se présenta pour affermer une terre appartenant à un comte , et il l'obtint. Encore une fois il espéra être heureux avec sa bonne Marie , et^ trois enians qui lui restaient. Mais le temps du malheur était arrivé; c'était un pays de pâturages^; pour, l^s faire valoir il avait acheté une quantité considérable dé bestiaux , unei^aladie épidémique se manifesta dans le village, la plus grande pfU'tie
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de son troupeau périt : il fut obligé de faire tuer le reste ^ et la même année une grêle ravagea entièrement* ^s champs^
Le seigneur^ propriétaire de la ferme ^ voyant les talens^ les bonnes intentions et les malheurs de son fermier^ dont il avait fait. son bailli , l'anirait peut-*étre secouru ; mais la guerre se déclara ^ les Français entrèrent dans ce canton , le traitèrent en pays ennemi ; le maître d'Ënunericb • ruiné lui-même , ne put venir à son secours, et le pauvre Emmerich se vit réduit à la misère la plus complète. S'il eût été seul , il l'aurait supportée avec ce courage qui le caractérisait, suivant spn sys^ tême favori que Dieu ne permet rien que pour le plus grand biea de ses créatures. M'aie, lorsqu'il pezH sait à sa chère Marie, et aux trois
enfans dont «lie était la mere^ il sentait sa piiilosopliie et sa fermeté^ prêt<^ à l'abandonner. Il fallait ce-^ pendant prendre un parti; fl fallait dire à Marie qu'il ne lui restait rien du tout, et c'était ce qui coûtait le plus à Emmerich : il s'y décida cependant. << Marie , lui dit-il , tu par- 5$ tageâ , tu adoucis nos malheurs , » je t'ai vue supporter -en souriant » les privations qu'ils nous impo^- M saient; que j'aje un morceau de n pain avec mon Emmerick , et un 55 toit pour abriter mes enfans^ et H je ne me plaindrai pas , me disais- ♦) tu. — Pauvre amie ! hélas , nous » n'aurons pas même ce toit pour » nous couvrir , ni ce morceau de jf pain pour le manger ensemble; » il ne me reste rien du tout que n ma tendresse pour toi , mon cou* M rag« et mon entière confiance en
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H Dieu ; mais avec cela je suis assex h fort } tant que Dieu voudra que nous » vivions^ il saura bien nous en faire n trouver les moyens* Mais ^combien jf il est douloureux pour moi de te » faire partager ma misère y quand M j'espérais te faire partager mou ^. bien-être. »
£b îcfaer ami y lui ditMarie en Tem'o brassant, nous ayons été si heureux^ nous vivons^ nous nous aimons, nos ei^ns vivent et se portent bien ; pense conibien nous pourrions êt!ce plus malheureux encore , combien Dieu nous épargne de peines ; et nous oserions nous plaindre ! Non , mon cher Emmerich, tant que nous sommes ensemble , et que nontô avons la force de travailler l'un pour l'autre et pour ne» enfans, nousne pouvons pas nous lâire malheureux* Je suis plus généreuse , Emm«rich ,
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Je ne me reproche point de ne t^aroir apporté pour dot qvte mon attachement^ parce que je sais qu'il* est sans prix pour toi. Mais moi, combien ne t'ai-je pas d'obligation l; Voilà mon pauvre* père mort ; qui sait ce que je serais devenue? Peutêtre aurais-je été forcée de regarder comme un bonheur ce qui m'a toujours paru le comble de l'humiliation et de l'infortune , le service domestique; à présent je suis l'épouse libre d'un homme libre, du seul que j'aye aimé , de celui qui a formé mon esprit et mon cœur,- de celui qui m'a rendue si heureuse , qui m'a rendue digne d'être sa compagne, moi, pauvre et simple fille de village. Ne sois donc pas en peine , nous pourrons avec notre travail nous soutenir avec nos chers enfans^ Matffe, Marie l femme vraiment
excellente ! s'écria Emmerich transporté, je ne connaissais pas encore toute la valeur, du trésor que je possède ; je bénis à présent le malheur qui te fait idévelopper tant de vertus et de courage.
Ils tinrent ensuite conseil ensemble 8|ir ce qu'il y avait à faire de mieux • lorsque leur plan fut arrêté , Emmerich partit à pied pour aller, à dix milles de là , au château du comte de **!*, dont il tenait la ferme j leur dernier cheval étant mort la veille, en traînant un affût de canon français.
M. le cpmte, dit-il en entrant, nous sommet tous les deux malheureux I fous les deui nous nous estimons , et nous ne nous séparerons pas sans regref; mais il faut nous séparer, et ce ipalheur est la suite nécessaire dé tous ceux que nousr avons éprouvés :
je ne puis plus vous payer le prix de voire ferme , il faut que je la quitte.
-^Quoî, cher Emmerich, lui dit le comle , vous voulez ainsi m'abau-»
donne*.
— £cout«z-moi^ M. le comte, et plaig^z - moi d'être forcé de vous quitter. Jl y a trois ans que la ma— ^ làdie m'enleva tout mon troupeau ; c'était ce que je possédais de plus considérable : je ne perdis pas courage ^^ et je cultiyai vos champs avec plus de soin encore ; la moisson promettait d'être belle , une grêlé me Fenleva toute entière. J'ense-* mençai , je travaillai de nouveau, jé mis ce qui me restait pour acheter des grains et quelques bêtes de tra* vail -: vous le savez , ce fut pour l'ennemi ; j^ai vu mes bleds naissans foulés aux pieds de leurs chevaux,
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mes prés fauchés pour les nourrir ^ Baes propres chevau'x pris .pour traîner l'artillerie , et périssant de fatigue ; ma grange et une partie de ma maison brûlée ^ lorsque les Français mirent le feu au ^^illage pour couvrir leur retraite. Il faut céder au malheur y et prendre un parti.
Dieu soit béni! mes biens les. plus précieux me sont restés , ma femme et mes enfans) je veux pourvoir à leur sûreté pendant qu'il en est temps encore.
— Peut-être aurons-^nous bientôt la paix^ dit le comte; bon £mme-»
rich , reste avec moi,
-«-Mon éoeui* saigne de vous quit* ter, M. le comte j mais lu paix est in* certaine , et ma perte totale est izifail-^ lïble , si je reste jpkis long-temps sur le théâtre de la guerre j je veux et je dois sauver ce qui'me reste ^ et je
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viens régler mes comptes iaiTCC vousf; Je ne vous redois rien, et je pourrais peut-être espérer de vous quelque indemnité pour toutes les pertes que j'ai faites; mais elles nous spnt com-r mûnes^ et j« n'en ai pas même la pensée. Vous me redevez , pour avai\€es foncières, sept cent quatrevingts écus y que je ne vous demande pas non plus à ce moment; mais^ tn TOUS quittant ^ je vous promets ^ M« le comte ; que si le malheur me poursuit^ et que je me trouve à la dernière extrémité, c'est à vous seul que j'aurai recours , sûr de voutf trouver au besoin ; je me fie aussi à TOUS pour payer cette dette à moi o i i aux mien^dès que vous le pourrez, et puissions-nous voir tous deux des jours plus heureux î
Le comte fut extrêthement touché d'un procédé si noble et si rare; il
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voulut au moins signer les comptes d'Emmerich, pour qu'il n'eût aucune difficulté à se faire payer si le conlta venait à mourir. Us se quittèrent ensuite en s'embrassant, et les larmes |ittx yeux comme deux amis.
De retour chez lui , cet honnête homme s'occupa avec Marie de rassembler le peu d'effets que l'incefndie leur avait laissés ^ et qui n'étaient même^ avant leur malheur^ que le, strict nécessaire , tout le -superflu ayant été Tendu : quelques instrumens aratoires, une charrue et deux vaches maigres étaient tout ce qui leur restait de leur belle ferme y et tout ce qu'ils voulaient tâcher de conserver. Ils ne savaient comment trs^nsporter leurs chétifs meubles jusqu'à la ville prochaine j dans tout ce malheureux village > il ne restait que huit vaches y mai»
yO fiHMERl'CH^
ceux à qiii elles appartenaient , Yoyant Fémbarras de cette' intéressante famille, leur offrirent de les conduire à la yille ; heureux , disaientils , de pouvoir leur témoigner leur reconnaissance de tout ce qu'ils avaient fait pour leurs voisins dans le temps de leur prospérité. •
Ils acceptèrent , et le lendemain matin ils quittèrent, avec un cœur bien serré , le lieu où ils avaient été si heureux! Emmerich et Marie portaient dans leurs bras leurs deux plus jeunes enfons; les deux aînés suivaient à pied.
Arrivés à la ville , Emmerich vendit encore tout ce dont il pouvait se passer y garda un de ses chariots pour transporter le reste, y attela ses deux vaches, fit de très-petites journées, et arriva ainsi au village d'Hellerzen, dont la situation l'enchanta; Ce
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pays était très-retiré, coupé de bois, de petites rivières , le terrein lui parut d'une culture facile; il proposa à Marie de s'y fixer ; elle y consentit , et ce qui finit <le les décider, fut une chaumière en vente a l'un des bouts du Tillage, avec quelques pièces de terre autour , qu'on pouvait avoir à très-bon compte ; le propriétaire , qui était un vieux garçon, venait de mourir, et des héritiers éloignés étaient pressés de se défaire de ce fonds. Emmerich l'acheta; mais ce qui lui restait d'argent après cette acquisition, était peu de chose.
Les conunencemens de son éta« blissement avec si peu de moyens , furent très - pénibles ; il travailla d'abord pour ses voisins , afin d'avoir quelque chose devant lui ; ensuite il ensemença son petit terrein, que ises àevLX vaches labourèrent; sans
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doute elles avaient moins de lait ^ mais elles en avaient cependant eu^ core:les deux fils aines allaient dans les bois ^ dans les chemins ^ leur chercher de l'herbe J Pas un instant n'était perdu ^ toute la famille tra-f vaillait a^i bien général j les plus petits même aidaient leur mère à cultiver son jardin , ou bien . danft les détails du ménage. Us eurent une bonne récolte la première année , Emmeriçh en mit de côté ui]^ partie, ensemença un peu plus de terreiii , et le cultiva avec tant d'intelligence et d'assiduité , qu'on reconnaissait les champs du paysan étranger à leur beauté , et que sa i^écolte^ était le double de celle de se$ voisins. Us crurent qu'il était sorcier; mais, il leur donna bientôt le secret de sa sorcellerie : elle consistait à ne suivre dans son agriculture ni. la mode ^ ni
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la coutume ; mais le bon sens et Fexpérience à examiner le sol qu*on.
veut travailler , pour le labourer plus ou moins profondément , suivant sa ' nature; à choisir et à préparer le grain, qu'on y sème^ à arracher les plantes parasites; à conduire de l'eau dans les terreins secs , et la faire écouler^ dans les terreins humides; à trans* former en engrais mille choses que les paysans laissent perdre ; enfin , à ne pas épargner sa peine ^ ni son. ^ temps. Cette innocente magie réussit si bien à Emmerieh^ qu'en moins de quatre années il eut doublé son térrein «t son petit revenu , sans aToir beaucoup augmenté sa dé-pense ; ils avaient tous pris l'habitude de la frugalité et du travail.
Au commencement^ Emmerich était affecté , en voyant Marie occupée auK lï'^Taux l^a plui pénibles y h 4
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courbée sur la terre humide^ soiirent exposée à la plxde ; mais elle lui gisait en souriant^ qu'elle était accoutumée dès Fenfance à ces traraux^ et qu'elle devrait souffrir bien plus pour lui y qui toute sa Tie avait été dans Taisance. Emmencli riait à son tour , et disaât à Marie y qu'il avait toujours désiré d'être simple paysan^ pourvu qu'U ne fût pas dans la misère , et qu'à présent tous ses vœux étaient ren9.plis/
IxiSensiblement père Emmerich gagna l'estime et l'amitié de tous les habitans du village ^ et cela ne pouvait pas être autrement; tout aussi simple qu'eux , leur égal en appa« rence j mais beaucoup plus instruit , il les aidstit de ses lumières et de «es conseils, et toujours à leur projSt* Il chérissait ^articv4ièrement le^: en-* fans^ il les caressait et. les attirait
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ctiesB lui: le soir^ après FouVrage^ là tout en se reposant ^ entouré de ses enfans et de ceux de ses Toisins^ ii les amusait par dei Tables ^ ou de petits récits a l«ur portée f il leur peigpait sur du carton des houssardf à c^P^al ^ en bonnets rougis ^ et des > pandoùres à pied , en bonnets verts; ou bien il leur faisait quelques petits instrumens de labourage. Quelquefois il leur donnait des fmio» de son jardin, suivant la saison^ en- soiite cfue c'était pour eux une' fête que d'aller chez ^ère Émmerich^ tous lui ilonnèrent ce titre , qui lui restai Quand il avait ainsi gagné leur confiance ^ jii faisak épeler les petits , lire ceux qui le «avaient^ réciter I^ur csytécbisiûe aux pi as grands , en leur expliquant ce qu'ils ne comprenâieiit pas : il jetait ain^ dans ces jeunes coeurs^ la semence du
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bien y >t préparait imfs géjaératioii d^faioimêtes gens^ comme on pi^ut en juger par Nicolas.
: De son côté^ Marie rassemblait, aussi lés jeun^ filles; et, suivant leur goût et leur intelligeuice ^ elle leur monJxait ou des ouvrages de fbmme , jdu les instruisiant des détails de ménage, elle leur apprenait à toutes à tricoter et à coudre. Chaque jeune 611e , en rentrant chez elle , était fière d'apprendre quelque chose à 6a mère, ou de montrer un nouveau talent» Ces heures de la soirée où le paysan oisif ne songe qu'à se reposer , et souvent à boire le profit de la journée^ étaient ainsi util.em^ut employées.
Le dimanche , père Emmerich allait presque toujours au cabaret; ely sans que les pères de famille s'ien
Joutassent ^ c'était le mpoient da
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lenr instruetîoïi , et toujours celui de- leur plaisir^ les coudes appuyés sur la table, buvant le petit- Tente de bierré , Ëmmerich raisonnait arec eux d'agriculture , ou leur Élisait des histoires, soit de ce qu'il ayaitYu , soit de ce qu^il avait lu , ei ne manquait jamais d'en tirerparti pour leur inculquer quelques prmeip« de mprale , OU les guérir de quelque stiperstiti on* Enfin Emmerîch leur était dévenu tellement agréable et nécesisàire ^ que lorsque , pour être avec Marie, il n'allait pas au cabaret le dimanche, aucun paysan n'y restait, chacun retournait dans sa hfaison «conter à sa feuïûie ce qu'il avait* appris le dimanche précédent^ et s'affliger de n-àvoir pafs vu le père Emmerich. ' Ainâi , Emmerich et sa famille étaient chéris dans le village^ ik n'avaient^ contre eux ique le juge^^