CHAPITRE VI
XiE 2iOH.
I^ fut ensuite question de la ma'nière la plus sûre de placer les cent ducats de l'enfanL Emmerich laissa parler sa femme et Nicolas^ Tes écouta en souriant , et pensa que s'il était souverain, il ne les prendrait ni l'un ni l'autre pour ^on ministre des finances^
Vous n^y entendez rien, mes amis, leur dit*il; Nicolas ne pense qu'à tirer le plus gros intérêt j' Marie ne pense qu'à la sûreté ; et moi je crois qu'avec la sûreté , il faut encore la possibilité de pouvoir disposer da
gG EMlfERICH,
capital dW moment àl'autre j laîsseï-^ moî ce soin, je m'en occuperai dans le voyage -que je veux faire ^ et rai> gent sera placé , je vous le promets, de la manière la plus avantageuse , et sous le nom de notre cher pupille.
— Mar. Sous son nonj^ cher ami , îl faudrait qu'il en eût un. Sa mère a bien eu tort de ne pas mettre dans la corbeille son extrait baptistaire.
— Em. Il faudrait savoir ., avant de lui faire ce reproche , si l'einfant a été baptisé.
— Mar. S'il ne Fa^pas été , je ferais un bien plus gr^und reproche encore à la mère. Bon Dieu ! laisser un enfant sans baptême.
— £m . Nous ignorons encore si cela a dépendu d'elle ^ dans les ciiv»
constances fâcheuses où elle s'est tr'Ouvée.
t= MiiRc* li'enfant parait avilir cinq
cou ES D£ MOaALE. ^
semaines, je doute que le ministre de la paroisse où il est né l'ait laissé m. long-temps sans baptême.
**- Em . j$aTons--*nous si sa mère a pu }t présenter à un ministre. Mai# ne t'in.quiète pas^ ma femme ^ je coa»
sulterai notre pasteur M. Jacobsen^ et s'il le. juge nécessaire ^ nous le bap tiserons , au risque qu'il le soit deux Ibis. If ûcolas ^ glu seras son parraiiiu
— Nie. Sauf ixiieillëur avis y pèra Emmeriek^ il vaudrait mieux que ce fût Tous^ et que l'enfant se ncMi^ mat Ëmmericb.
— Mar. Je »ens que je l^en aime« rais d'avanlageu
— Nrc Et il «era plus sûrement un honbéte botmme.
— E^. Mes amis ^ combien je suis toucbé de votre anûlîié; mais^ ]NicoIas^ * es-tu superstikieuiL , crois»t|^ qu'un nom puisse influcir..^.? .
Ï0O EMH£RI€H^
laeobsten 9 encore n'était-ce qa^ depuis peu^ et lorsqu'il l'avait tout k fait jiigé djgiie de sa coiifiance> li s'était donné en arrivant^ pour uA paysan que la guerre avait rumé , et Ton sait qu'il n'était conpu que^us le tiota de père Emn^erieh- Il appré-^* hendaij;^ et se réjouissait en même^ temps y .de revoir le théâtre de sa prospérité passée ^ et de mettre à l'épreuve le cœur et la probité de ses anciennes connaissances. x( Que » je retrouve un seul ami biefi aise » de me revoir , disait-il à Marie ^ et «» je n'awai i|tul regrçt à mon voy^g^,
V lors I^é^le que je ne rapporteras )p pas un ^om; car, quoique mon }} principal but soit de voir 'mes x> de'biteurs , et de leur rappeler que
V je $i^is a\i inonde /je n'en veux 1) presser aucun de ^me payer. Mais « .àpi;é6ent; je ^'ai d^autre but que
» Celui de placer solidement la for- )» tune de mon petit Emmerich. »
Le lendemain > matin il alld chei; son ami Jacobsen^il lui conta tout ee qui était arrivé au sujet de Tenfant. L'honnête ministre fut d'avis de le baptiser^ et pensa comme Nicolas^ sur le nom qu'il fallait lui donner. La cérémonie eut lieu ïe jour suivant ^ à la grande satisfaction de Marie ^ qui s'attachait à chaque instant à son fils adoptif; elle finit par l'aimer contnte si elle eût été sa mère j le père Emmerich voyait avec plaisir l'attachement de Marie y et le petit Emmerich n'en prospé-« rait que davantage. C'est ainsi que se passa l'été , pendant lequel Emmerich n'av^ait pas voulu quitter ses travaux champêtres.
loi SVMEKICH5